Le Codex Gnoufique

Revues des lectures de Galetophage et Chassegnouf : fantasy, science-fiction, mangas, fantastique, LGBT, etc. Et parfois un peu de cinéma.

20 février 2009

"Les portes de la mort : l'aile du dragon" de Margaret Weis et Tracy Hickman

Comme "le trone du dragon", j'ai acheté "l'aile du dragon" parce que j'avais une ristourne et qu'il y avait le mot "dragon" dans le titre. J'aime bien les dragons, plus que les chats en tout cas (même si ce doit être plus pratique de les avoir en peinture qu'en animal domestique). Je clos aujourd'hui le premier tome de cette série de 7 bouquins écrits par le célèbre duo Margaret Weis et Tracy Hickman qui ont aussi écrit la série des Lancedragon que j'ai eu l'occasion de lire quand j'étais petit. Je n'avais pas gardé un souvenir impérissable de cette série et pourtant, j'étais très bon public à l'époque... Qu'en sera-t-il de cette série ?

Plantage de décor : vous vous en douterez rien qu'au titre, c'est du médiéval-fantastique. Un sombre magicien (et oui, encore...) envoie un loyal serviteur sur une autre dimension (celle où le récit prend place) pour découvrir comment ça se passe là-bas, prendre la température sociale et trouver un moyen pour le mettre sous sa coupe. Approche subtile sans méga-sort-de-la-mort, ni horde sauvage, le sombre méchant semble vouloir faire dans la dentelle. Que se passe-t-il ? Les auteurs auraient-ils au l'intention de casser ma critique ? Deuxième personnage, un assassin sauvé in extremis du billot (dommage, la scène avait l'air d'être prometteuse) pour rempiler sur un nouveau contrat. Un contrat dans le genre très sale et avec moultes implications politiques et tout et tout. Je n'en dis pas plus, il y a du rebondissement à ce sujet. Troisième personnage, un guègue révolutionnaire et sa cellule de lutte ouvrière... ?! Kesako oune guègue ? Révolutionnaire qui plus est ? Les guègues sont des nains qui ont subit un destin que je trouve plutôt inhabituel pour un destin de nains. On est loin des nains suicidaires et tueurs de trolls, des vétérans des grottes trucidant des gobelins par brassées et hurlant à la gloire de leurs grands-parents barbus. Là aussi je vous laisse découvrir, c'est péché de vous en dire plus.

Oh et puis merde...Ca commence à se voir... Désolé, je ne tiens plus. J'essaie de temporiser et faire comme si c'était une énième bouse comme j'en ai trop lues ces derniers temps mais c'est faux. J'ai chopé ce livre par hasard et c'est un des plus plaisants que j'ai pu lire depuis que j'ai ouvert ce blog (ai-je si peu de discernement ou suis-je secrètement maso ?). Alors que Weis/Hickman nous avait pondu une série Dragonlance insipide, ici c'est limite du Terry Pratchett. En fait, il arrive que Pratchett en fasse un peu trop dans le 12ème degré alors que là c'est savamment dosé : C'est rigolo mais pas trop, ça ne bouffe pas le scénario et ne rend pas le pitoresque monde d'Arianus (c'est le nom de ce plan) plus vivable ni moins riche de détails croustillants. Les nains sont niais, les elfes sont des connards et les humains toujours aussi veules (enfin pas tous, y a aussi des humains connards ou niais). Maintenant que j'y pense (ça ne m'avait pas encore frappé à l'esprit au début de cette critique), l'histoire des personnages n'est pas copiée/collée sur la typique trame de l'apprentissage-du-jeune-héros sur laquelle je gerbe tant. Même la recette du choc-des-cultures n'est pas exploitée à outrance. Que demande de plus ? Plus de castagne, d'épique ? J'ai le sentiment que ça viendra. Rien ne sert de courir... Du crade ? Ouaip, je pense que ça manque de crade (et que ça ne viendra pas). Peut-être qu'une petite trace de pneu, une dague retournée dans la plaie d'un innocent ou une ericbessonnerie aurait été de bon aloi. M'enfin bon, je m'y ferais...

... Je m'y ferais d'autant plus que j'entame le 12ème tome du Trone de Fer, youpiiiiiiiii !!!!!!!!!!!! infanticide, matricide, parricide, régicide, y a de tout là dedans. Mais c'est une autre histoire... ;)

Pour conclure en quelques mots : bonne pioche !

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31 janvier 2009

"L'arcane des épées : Le trône du dragon" de Tad Williams

Ce bouquin fait partie d'une série d'achats faits sur un coup de tête : il y avait une promo sur fnac.com sur quelques romans de fantasy (-5% et ce sans avoir la carte de fidélité), j'ai pris quelques premiers tomes de sagas sans savoir sur quoi j'allais tomber.

Voici le premier d'entre eux : "Le trône du dragon" de Tad Williams, qui s'intègre dans une saga qui semble longue de 8 tomes. A peine lues les 10 premières pages, je suis allé me lamenter auprès de Galetophage (le co-auteur du blog pour ceux qui suivent pas) me plaignant de tomber sur un énième gamin aux origines mal connues, perdu dans un énième chateau royal où se trame une énième guerre de succession pendant laquelle  un énième fils indigne, conseillé par le Sauron local, montera sur le trône et fera des misères au digne fils, conseillé par l'équivalent de Merlin. Le monde est en danger-et-tout-et-tout et seul pourra le sauver ce candide protagnoniste dont le pouvoir grandira en puissance tout au long de la saga. Bref la Belgariade/Assassin Royal 2 le retour... Help !

Que je suis méchant, que je suis mauvaise langue !!

Certes tout est cousu de fil blanc, certes c'est un énième exercice de style mais pour une fois, je trouve que c'est relativement réussi. En fait même le mot "relativement" est de trop. Je suis toujours à me plaindre de mondes vides, de personnages creux ou peu originaux ou pire encore ce cliché que je vomis désormais, celui du candide qui entame une longue quête d'initiation et dans lequel le lecteur est sommé de s'identifier. Quête au bout de laquelle le lecteur et le protagoniste, exaltés, le souffle court et la larme à l'oeil devant les sacrifices faits, brandiront à l'unisson Excalibur au ciel, le pied posé sur le cadavre de je-ne-sais-quel boss de fin de niveau. J'en peux plus de ce schéma usé jusqu'à la corde et je suis écoeuré de voir à quel point il est réutilisé et à quel point il peut faire mouche dans le lectorat de la fantasy. A mes yeux, c'est à la fantasy ce que le boys-band est à la musique : du marketing.

Je veux du salarié : quelqu'un qui est dans le récit parce que c'est son boulot (comme dans Deepsix ?).
Je veux de la chute : un roi qui au début a déjà tout et qui crève à la fin de la saga dans le caniveau ignoré de tous (comme dans la saga d'Elric de Melniboné ?). Je veux du pourri : un bon gars qui arrive au bout du scénario en ayant écrasé son prochain (comme dans la Compagnie Noire ?), etc

Ben là, j'ai redouté à chaque page le moment où Simon (le protagoniste) découvrirait des pouvoirs magiques cachés ou une filiation avec le roi défunt. Que pouic ! C'est un blaireau, une pauvre petite chose paumée qui ne comprend rien à ce qui lui arrive et qui préfère prendre le soleil à rêvasser. Il se retrouve embarqué dans cette apocalypse qui se profile à l'horizon et il en chie. Pour l'instant, il ne sert à rien dans l'histoire et c'est ça qu'est bon. Durant ce premier tome, on oscille entre la consternation envers ce branleur et la compréhension quand on se rend compte qu'on était aussi con à son âge et qu'on aurait été tout aussi largué (du moins ça aurait été mon cas ^^). J'adhère totalement.

Accessoirement, Williams ne lésine pas sur les descriptions et ce fut un plaisir de "ressentir" les branches dans la tronche et l'odeur de l'humus de la forêt de Aldheorte alors que j'avais la tête posée sur l'oreiller.

Je clos ce premier tome sur une bonne impression mais j'ai quand même le vague sentiment que Tad Williams ne fait que prendre son temps pour dévoiler les secrets liés à Simon, que finalement ce dernier sauvera le monde alors que je voudrais qu'il continue à n'être qu'un spectateur inutile... Wait and see...

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20 novembre 2008

"La Voix des ainés" de Pierre Grimbert

Ca commençait à faire longtemps que je n'avais pas pointé le bout de mon nez ici. Depuis cette bouse que fut "Aubemort", j'ai, entre autre, eu le temps de finir le 3ème tome de la série "Les Enfants de Ji", elle-même 2ème volet d'une saga autour de l'Ile de Ji, le tout par Pierre Grimbert. Je vais profiter de ce billet pour parler non pas de ce 3ème bouquin mais de la saga : j'ai une pensée pour ceux qui ne l'ont pas encore entamée et parler de l'histoire du 3ème bouquin serait du pur spoiling.

Etape 1, posons le décor : de prime abord, on tombe sur un univers médiéval-fantastique : un matriarcat, une "oligothéocratie", des nordistes pacifiques, une poignée de royaumes féodaux plus ou moins sophistiqués, etc. Mais pas d'elfes, de nains et autres tolkienneries (j'ai pas dit que j'étais contre ce genre de choses... loin de là), on reste entre humains. Bref... Un beau jour, un peu partout dans ce monde connu, à peu près en même temps, de mystérieux assassins armés de dagues empoisonnées s'en prennent à diverses personnes sans lien apparant. Certains survivent : les protagonistes, certains se connaissent. Chacun d'eux se remettent tant bien que mal des tentatives d'assassinat et commence à se poser des questions : pourquoi eux ? qui ? En se creusant un peu la cervelle, ils trouvent un indice : ils sont tous les descendants d'ambassadeurs qui ont jadis été envoyé sur une mystérieuse île, l'île de Ji. Je m'arrête là pour le posage de décor, ce serait un crime d'aller plus loin.

Etape 2, mon opinion : c'est un polar (super l'opinion...). Une quête dans un univers fantasy avec des guerriers, des assassins, du mystique, des pouvoirs occultes mais c'est avant tout un polar. Et ça j'ai bien aimé. Du premier bouquin au dernier que j'ai lu, soit 5 romans si j'ai bien compté, Pierre Grimbert se débrouille pour nous maintenir dans le doute. Il y a toujours un truc à découvrir, quelque chose pour nous (les protagonistes et le lecteur) mener de l'avant dans le récit. Bien des écrivains de fantasy s'y essayent mais de mes lectures, il me semble que c'est Grimbert qui s'en sort le mieux. Même si j'ai découvert bien des secrets au fil des 5 premiers bouquins, j'attends impatiemment le 6ème ! Et pas pour voir comment tel épisode va être traité, pour lire un exercice de style mais parce que je me pose encore des questions. Je ne lis pas de polar habituellement, je ne sais pas évaluer cette saga sur l'échelle du bon gout polaristique mais elle a le mérite de me maintenir en haleine. Rien que ça, ça mérite sa place dans mes bouquins préférés...

Ensuite, il y a le traitement de tout ça, les protagonistes, l'univers dans lequel ils évoluent... Mis à part le fait qu'ils ont le défaut d'être gentillets, Pierre Grimbert a su les rendre attachants en nous les faisant découvrir un par un et en dévoilant petit à petit des pans de leur personnalité au fur et à mesure que les protagonistes eux-mêmes faisaient connaissance entre eux. On est loin des personnages insipides et/ou catapultés de Aubemort ou du Royaume de Saramir. Ils nous sont familiers sans être caricaturaux comme la plupart des personnages des Guerriers du silence de Pierre Bordage. Ils ne sont pas incohérents comme dans l'Assassin Royal. C'est très bien huilé. Je vais encore citer un autre bouquin mais ça me fait penser un peu à du David Eddings, dans ses premiers bouquins, la Belgariade (où on découvre les persos) et Pierre Grimbert a le bon gout de s'arrêter avant au niveau familiarité avec les personnages (avec Eddings, ça devient vite du Cosby Show, avec la boîte à rires et les applaudissements du public lecteur à chaque fois qu'un second rôle sort une blagounette pour faire rire les fans). Seul défaut, un peu trop de pudeur, de bon fond. Ca manque de coups de pute, de mesquinerie. Je serais curieux de lire un bouquin de Grimbert qui met en scène un protagoniste avec un mauvais fond ou juste gris ou pleutre... Pour faire bref, Grimbert s'en sort aussi très bien sur l'univers en question, je ne peux pas trop en dire sans trop en dévoiler mais sachez déjà que chaque paysage a un petit côté original. De plus, on sent que ce monde tournerait de lui-même s'il n'y avait pas les protagonistes, je ne sais pas si je me fais bien comprendre : il me semble suffisamment riche pour ça (sans être les Terres du Milieu non plus, faut pas déconner...).

Je trouve que Pierre Grimbert a rempli mon cahier des charges avec un bon équilibre au niveau des rapports Protagonistes/Lecteur, une intrigue prenante, un univers riche. Pour moi, sans être le summum, c'est désormais comme un label : si c'est moins bien que Pierre Grimbert, c'est pas bien. Tout simplement. Et même si j'ai tendance à parler de bouquins que je n'aime pas, j'en ai lu quelques uns qui, à mes yeux, ont le label Grimbert : le Trône de Fer, la Compagnie Noire, La Route, etc.

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15 septembre 2008

"Les Chroniques des Ravens : Aubemort" de James Barclay

Comme pour ma critique de "La route" de McCarthy, je vais vous parler d'un bouquin que je n'ai pas encore terminé. Parce qu'il n'y a aucune raison pour que le dernier tiers du bouquin change mon opinion sur celui-ci.

Ce bouquin "Aubemort" est le premier tome d'une trilogie, "les Chroniques des Ravens" écrite par James Barclay dont je n'ai rien lu d'autre de lui pour l'instant.

C'est de l'heroic fantasy pure et dure. Voici le contexte : les Ravens forment un groupe de mercenaires qui s'est créé il y a une dizaine d'années. Ils ont tout fait, tout enduré, ce sont des vieux de la vieille. Ils sont connus de bien des commandants puisqu'ils ont pu offrir leur service à tout le monde ou presque. C'est un petit groupe soudé, des frères d'armes qui agissent comme un seul homme sur le champ de bataille. En plus, ils ont un code d'honneur qui les empêche d'assassiner, ils ne tuent que leurs ennemis et ce sur le champ de bataille. Bref, des bons gars... Le hasard a fait qu'ils fassent une rencontre spéciale lors de leur dernier contrat, un mage appartenant à un collège de magie de mauvaise réputation (entendez "qui n'hésite pas à tuer et qui n'a pas d'honneur"...) qui les impliquera dans la résolution d'une grande menace. En effet, de vils sorciers bannis il y a des siècles de ce monde reviennent pour se venger en unissant de viles tribus barbares contre les gentils contre le peuple civilisé. Seuls les Ravens semble pouvoir aider le mage (qui ne semble pas si méchant) à sauver le monde...

Zzz... Zzz... Zzz... Zzz...

Vous êtes encore là ^^ ? Moi j'ai pas le choix, j'ai encore le bouquin à finir, vous comprenez ma peine...

Bon, j'avoue, tout n'est pas à jeter notamment le fait que le récit est bien rythmé. Les scènes s'enchainent plutôt bien, le cheminement de l'intrigue est plausible. Autant dans "le Royaume de Saramir", je me sentais un peu brusqué par l'arrivée inopinée de protagonistes, ben autant là non (vous en rêviez de cette chute...). Le tout me fait énormément penser à une bonne partie de jeu de rôles avec ses accrocs et ses réussites.

Mais bon, ça ne fait pas tout... Les personnages sont traités de manière caricaturale ou carrément pas traités du tout, j'en viendrais presque à regretter ce chouineur de FitzChevalerie ("L'assassin royal" de Robin Hobb). Quand au scénario... C'est un peu comme "Le huitième sortilège" de Pratchett mais en se prenant au sérieux. Pratchett aurait parodié "Aubemort" avant que ce roman soit écrit. 'Tain il est fort Pratchett, il me scie... Donc une version sérieuse d'une parodie, c'est pas ce qu'on appelle un nanar ?

Oui, voilà, c'est le mot. "Aubemort", c'est un nanar littéraire :)

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05 septembre 2008

"Anansi Boys" de Neil Gaiman.

 

Bonjour les jeunes !

     Ah qu’il est doux de sentir, posé sur mes lignes turgescentes et viriles, votre suave regard, chargé de passion et, il faut l’admettre, d’une bonne dose d’avidité et de sensualité, de se sentir parcouru de l’en tête au pied de page, scruté sous la moindre virgule, soumis à la lecture diagonale, nu comme un majuscule, pur comme un point. Vous et moi sommes comme le " E" dans l’ "O" : différent mais momentanément lié, face à dos, comme une union interdite et voluptueuse, une sodomie démiurgique comme seules les lettres savent le faire. Délicieux, non ?

     Je vais vous entretenir aujourd’hui d’un auteur que j’affectionne particulièrement (ben oui, je vais passer mon temps à vous polluer le processus cognitif à longueur de texte … que j’ai tumescent je vous l’accorde) : Neil Gaiman. En plus c’est dans l’air du temps, il vient de sortir tout une flopée de collaboration (sans que vous vous en doutiez, j’œuvre pour votre élévation sociale).

     Je viens de terminer Anansi Boys : l’histoire de Gros Charlie, de père divin et dont le frère a hérité de la totalité du potentiel magique de la famille, c’est vous dire si c’est nul comme vie! Et puis, évidement, comme souvent, il y a un bug, une insignifiance qui fait que le monde bien ordonné du héro devient le bordel : ici, Gros  Charlie va parler à une araignée. Erreur fatale (ou presque) ! Voyez la profondeur du livre !

     L’intrigue est vraiment menée avec virtuosité : malgré un scénario très simple et facilement prévisible, le récit est captivant. Exit les Deus Ex Machina, les rebondissements incroyables et autres révélations stupéfiantes. Non, le récit tient grâce à des personnages bien campés, à un rythme soutenu de l’action, et à cet humour anglais tellement génial. Exemple :

La mère de Rosie n’aimait pas Gros Charlie, tout le monde le savait. La mère de Rosie était un paquet snobinard de préjugés, d’inquiétudes et de rancœurs à peine réfléchies. Elle habitait un magnifique appartement de Wimpole Street, dont le gigantesque réfrigérateur ne renfermait que des bouteilles d’eau vitaminées et des biscuits au seigle. Des fruits en cire occupaient les coupes posées sur les buffets de style. Ils étaient époussetés deux fois pas semaine […] « Je ne serai pas éternellement là », avait [elle] reniflé, sur un ton impliquant au contraire qu’elle en avait bien l’intention, devenant de plus en plus dure, de plus en plus maigre et de plus en plus minérale, mangeant de moins en moins, jusqu’à vivre uniquement d’air, de fruits en cire et de rancœur.

      Le roman reprend un peu le monde mis en place dans American Gods et de Bons Présages. On navigue dans un monde divin complément loufoque mais qui a une logique propre très précise.  Et puis, à la façon de Terry Pratchett, il est tellement amusant de voir ces personnages tellement lointains les uns des autres se débattre pour finir par tous se retrouver dans un endroit improbable. Il faut tout de même admettre que si American God est frais dans votre tête vous risquez de voir des similitudes : même personnage lymphatique, même manière absurde de se faire tomber dessus par des Dieux fous furieux et psychopathes, même humour…

      Bref, ce n’est pas le livre à lire de Gaiman si vous ne connaissez pas, mais il reste d’excellente facture et vous devriez passer un bon moment en le lisant (évidemment si vous vous sentez plus d’attaque pour du psycho-transcendalisme-post-kantien, je vous conseille d’aller jouer au jokari  jusqu’à ce ca passe ou, à la limite, de regarder le India Song de Marguerite Duras (le seul film qui arrive à ennuyer le Temps lui-même ! )).

Galetophage

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02 septembre 2008

"Le Codex de Merlin : Celtika et le Graal de fer" de Robert Holdstock

Ca faisait un bout de temps que je voulais parler de cette petite saga que je trouve bien sympathique. Comme je ne lis qu'en format poche le plus souvent possible, je n'ai lu pour l'instant que les 2 premiers tomes, "Celtika" et "le Graal de fer" (chez Presse Pocket). "Les royaumes brisés" vont bientôt paraître si ce n'est déjà fait. Ceci dit, le second tome "clôture" un épisode de la saga et je prédis que le troisième tome sera un petit peu plus en marge par rapport aux deux premiers. En gros, je pense qu'on peut se contenter de ne lire que ces tomes (et faire un billet dessus).

Celtika de robert holdstock le graal de fer de robert holdstock

D'abord le contexte. Le premier tome se déroule à une époque très ancienne, l'Antiquité, ou plutôt, je vais me faire tataner par les historiens, entre l'âge des mythes grecs et l'Antiquité (est-ce qu'on appelle l'âge de bronze ?). Cela fait des années que Jason, le Jason des argonautes, est revenu de son périple maritime au cours duquel Médée, prêtresse du Bélier, a tué ses fils. Le vieil homme las ressasse ses douleurs sur le pont d'Argo, le bateau "magique" protégé par la déesse Héra pour mener sa quête à bien. Quelques-uns de ses anciens compagnons argonautes, dont le mystique Antiokus, veillent sur lui et tentent vainement de lui redonner le goût de vivre. Un soir, un drame arrive et Jason se tue sur le pont d'Argo. C'est alors que les argonautes assistent à ce qui semble être le dernier geste d'Argo qui dérive vers le large pour y emmener la dépouille de son maître Jason. Avec la disparition d'Argo et de Jason semble se terminer l'âge mythologique, quand le rideau se relève, nous nous retrouvons plusieurs siècles plus tard et suivons le récit d'Antiokus aussi connu sous le nom de Merlin.

Merlin n'est pas le vieux chenu tel qu'on le voit dans le dessin animé de Disney ou la série d'Alexandre Astier, il est jeune, fringuant et surtout il est immortel. Ce n'est pas un secret mais ce dernier n'est pas humain, pas au sens où on l'entend. Il est "né" avant eux, à l'époque primale où les esprits qui deviendront les dieux foulaient la terre. La magie de son être est contenue dans ses os et il peut y faire appel pour perpétrer quelques prodiges. Le problème, c'est que plus il puise dans sa magie intrinsèque, plus il vieillit et contrairement à ceux de son espèce, il a choisit de ne rien gaspiller et de voyager indéfiniment, de suivre le Chemin que la destinée trace pour lui. Quand le récit commence, Merlin va dans les terres septentrionales d'Hyperborée à la recherche de l'épave d'Argo et de Jason. Il a une nouvelle à lui annoncer, ses fils ne sont pas morts...

C'est une des sagas les plus fraîches qui m'ait été permis de lire et qui se démarque, à mes yeux, des oeuvres fantasy "classiques". Cet univers est baigné de magie, de mysticisme et Holdstock a une manière bien à lui de la traiter. Ici, point de magie hermétique, de boules de feu, de miracles et de démons monothéistes, il règne une atmosphère païenne et animiste très riche et omniprésente, plus proche des cavernes de la préhistoire que de la forêt vierge amazonienne ou de Papouasie. En plus de ça, le récit se déroule à une période inédite pour moi. C'est très dépaysant et donc bienvenu.
Pour les rôlistes, et en particulier ceux qui jouent à Mage, l'Ascension, le codex de Merlin a un autre intérêt puisqu'il présente à coup sûr une source d'inspiration sur la magie ancienne et païenne d'occident que ce soit celle des grecs, des celtes ou des peuples vivant dans les contrées du Nord. Personnellement, j'ai toujours trouvé qu'il y avait une lacune dans ce jeu quand il fallait décrire les paradigmes Verbena, Onirologues occidentaux ou Euthanatos. C'était un peu pauvre et l'univers de Holdstock comble en partie cette lacune, il y a des idées à piquer et à développer. J'ai ouï dire qu'une autre de ses sagas, les Mythagos, était du même acabit, faudra y jeter un oeil :)

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La saga "L'assassin royal" de Robin Hobb

Non, je ne vais pas publier un billet par jour, c'est juste que je comptais un jour vous donner mon avis sur cette saga mais il s'avère que je l'ai déjà fait sur un autre blog, celui du Nautigob 3000. Et si je devais écrire un billet ici, même si je broderais un peu plus, au final, je ne ferais que paraphraser ce que j'ai déjà dit là-bas.

Ceci est donc un billet éclair pour vous inviter à lire le billet Les aventures de Fitz... pour savoir ce que j'en pense... ;-)

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"Le royaume de Saramyr : La croisée des chemins" de Chris Wooding

Mon billet précédent sur "la route" de McCarthy m'a donné envie de parler de mes lectures. Si je ne peins pas très souvent, en revanche, je lis tout le temps de la SF et de la fantasy. Autant j'ai pu arrêter la clope, autant il m'est impossible de m'endormir sans bouquiner. Bref, je pense avoir un peu matière à discuter sur le sujet.

Aujourd'hui ce sera donc un bouquin que j'ai terminé il y a quelques jours : "Le royaume de Saramyr : La croisée des chemins" de Chris Wooding en format poche (Pocket Fantasy). Il semble qu'il porte un titre différent en grand format (Fleuve Noir - Rendez Vous Ailleurs) : "les tisserands de Saramyr" à la place de "le royaume de Saramyr", ça vous aidera peut-être si vous préférez collectionner les bouquins à ce format-là...

Le royaume de Saramyr : La croisée des chemins de Chris Wooding

Le contexte et l'histoire sans trop en révéler. C'est un univers médiéval-fantastique qui se veut japonisant mais pas trop : il y a un système féodal qui y ressemble vaguement (mais avec des noms différents : barak à la place de daimyo, etc.), une étiquette draconienne, des moines qui font un peu penser aux shintoïstes, un climat estival caniculaire et des maisons avec des paravents mais c'est à peu près tout. Sachant que j'ai acheté le bouquin pour sa prétendue ambiance japonisante, je n'ai pas trouvé ce que je cherchais. Mais ce n'est pas grave...
Les familles nobles (ou riches) ont acquis (et gardent) leur pouvoir grâce à une alliance avec une mystérieuse caste, les tisserands. Ce sont des personnes qui tirent divers pouvoirs du mystérieux masque dont ils ne se séparent jamais : ils ont la capacité de communiquer à distance, d'espionner à travers une sorte de dimension parallèle, etc. En contrepartie, quand ils émergent de leur voyage dimensionnel, ils sont assaillis par une irresistible et meurtrière vague de colère ; leurs employeurs doivent donc les laisser se défouler selon leur bon vouloir et fermer les yeux devant telles débauches pour profiter de leurs précieux pouvoirs.
Outre le service envers leurs riches employeurs, les tisserands ont un hobby : traquer et éliminer ce que la population appelle les aberrants, ce sont des enfants qui développent des malformations et/ou des pouvoirs magiques. Ce bouquin relate les aventures de 2 de ces aberrants : d'un côté, Kaiku, une fille de nobliau, qui ne comprend rien à ce qui lui arrive et qui fait tout pour découvrir les tenants et aboutissants de la chute de sa famille. De l'autre côté, il y a Lucia, l'unique héritière de l'impératrice de Saramyr dont la future montée sur le trône impérial déplairait à la majorité du royaume. Je m'arrête là pour l'histoire même si on se doute que, bien sûr, tout est lié...

Mon avis à moi : Il y a un arrière-gout assez prononcé qui rappelle l'oeuvre de Pierre Bordage, "les guerriers du silence" dans laquelle d'innocents mystiques (ou futurs mystiques) se retrouvent traqués par une caste d'autres (affreux) mystiques, les scaythes, qui en parallèle complotent pour prendre le contrôle/détruire l'univers tout entier. Sans prendre trop de risques, je parie que la suite de cette saga y ressemblera beaucoup. On va dire que ce n'est pas le pillage, ni vu ni connu, d'une oeuvre française par un anglais mais plutôt un exercice de style, un hommage. On y croit...
Bon, après, il faut s'intéresser au traitement du sujet. Ca en casse pas des briques non plus. Comme je l'ai expliqué en haut, l'ambiance japonisante n'est qu'un leurre, ça me fait plus penser à une mise en scène d'occidentaux déguisés en orientaux. L'habit ne fait pas le moine comme on dit. Ce qui m'a déplu au niveau du décorum, du monde dans lequel les protagonistes évoluent, c'est qu'il est peu décris. Malgré la carte au début du bouquin (pour faire comme les autres auteurs de fantasy ?), ce monde est creux, lisse, il n'y a pas de vie sans les protagonistes.
L'autre mauvais point, c'est que j'ai eu l'impression que l'auteur s'est dépéché d'enchainer les évènements après avoir mis du temps à nous avoir fait miroiter leur éventualité ou nous jeter des personnages dans le récit et les mettre en scène sans nous laisser le temps de nous familiariser avec eux. Rien de plus frustrant à mes yeux.
C'est donc déçu que j'ai clos ce bouquin qui pourtant fourmille d'idées originales à développer. Bon bien sûr, c'est le premier bouquin d'une saga et je vais me sentir obligé de lire la suite... ^^

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