Le Codex Gnoufique

Revues des lectures de Galetophage et Chassegnouf : fantasy, science-fiction, mangas, fantastique, LGBT, etc. Et parfois un peu de cinéma.

01 janvier 2009

"Une éducation libertine" de Jean-Baptiste Del Amo

Voici le 2ème roman que j'ai terminé pendant ces petites vacances, "Une éducation libertine" de Jean-Baptiste Del Amo publié chez Gallimard : une petite incartade à mes lectures habituelles de part son thème (ni fantasy, ni SF) et son format (je n'achète que des livres de poche), il m'a d'ailleurs été refilé par mon père.

Le récit prend place dans le Paris du 18ème siècle (avant la révolution), Gaspard, un jeune breton totalement démuni, franchit les portes de la capitale avec pour ambition de sortir de la misère à laquelle sa condition de roturier semble le condamner. Ce roman est l'histoire de son "ascension", entre guillemets puisqu'il devra se compromettre au plus haut point (boulots de misère, prostitution, etc.) pour survivre suffisamment longtemps et avoir plusieurs opportunités de grimper socialement.

Il me semble que la trame est relativement classique et l'avoir vue ou lue sous diverses formes ici ou là. Mais même si c'est cousu de fil blanc, ce genre de récit d'apprentissage est toujours plaisant (du moins j'y suis toujours sensible). En fait, j'ai adoré ce roman que j'ai trouvé impitoyable sur de nombreux points et propose une atmosphère crasseuse qui manque à beaucoup de romans que j'ai pu lire auparavant. Histoire de vous donner un aperçu, voici un extrait issu des premières pages. Beaucoup plus parlante que l'extrait du 4ème de couverture, enjoy :

Dans cette géhenne, la chaleur de l'été collait aux visages comme un masque, drapait les corps de feu, tuait les bêtes qui tentaient de survivre en quelque coin d'ombre, suffoquait les femmes aux poitrines poisseuses. Les glandes sudorales déversaient par flots leurs humeurs. Jaillies d'aisselles velues, elles s'écoulaient des fesses aux flancs puis sur les jambes. Fondue comme du beurre sur les fronts, la sueur piquait aux yeux, répandait son sel aux bouches haletantes. La crasse s'écoulait comme un sédiment, marquait les plis aux articulations de traces noires. On s'éventait avec un rien, un vieux chiffon, une gazette, une main. On soulevait ce faisant, le remugle aigrelet des corps transpirants. La puanteur de l'un se mêlait à la puanteur de l'autre quand déjà les corps ne se frottaient pas, mélangeant leurs sueurs respectives. Cette pestilence gonflait les haillons, les vêtements de peu couvrant un reste de pudeur, montait paresseusement dans l'air stagnant, fleurissait, envahissait la ville entière.

Miam ! Le reste est à l'avenant, c'est que du bonheur. Si vous aimez, plongez pour vous intoxiquer dans cette atmosphère sinon fuyez ce bouquin.

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02 septembre 2008

"Voyage à Muxandor" de Christian Legall et "Pied Nu" de Mickael Kleeberg

Bonjour les jeunes !

Aujourd'hui je voudrais vous entretenir, non pas d’un mais de deux livres : Voyage à Muxandor de Christian Legall et de Pied Nu de Mickael Kleeberg ... oui je sais, moi aussi je suis capable de promotion qui battent celles de Casto !

Mais déjà, je sens que dans les limbes ouatés et sinueux de votre pré-conscience, là où le vice n'est qu'hypothèse et l'atavisme une condition, ce questionnement acharné et tonitruant de ce besoin de comprendre et de savoir, cette volonté d'ordonner les choses vers un sens abscons qui point : Allemagne, quarante à, service Mozambique. En court et pour faire bref : Pourquoi ?

Eh bien, mes jeunes sophiophiles, ces deux livres traitent d'un même sujet, c'est à dire une relation sadomasochiste gay, mais avec des approches concomitantes qui donnent pourtant des résultats diamétralement opposés. Intéressant non ?

Pied Nu raconte la découverte du SM par un quadragénaire hétéro via le minitel (oui le livre date un peu ... y a pas que Dan Brown dans la vie !). Il rencontre un maître avec qui, il va explorer la soumission avec le grand S de soumis (ou de Smiley si on n’entre pas dans le style un peu expéditif de l'auteur). Il quittera femme et enfant pour se rouler par terre et détruire son peu de personnalité.

Voyage à Muxandor se déroule dans le milieu gay. Un jeune homme découvre par annonce un maître dans le pays - imaginaire - de Muxandor. Éperdument amoureux, il subira, avec une certaine délectation tout de même, les outrages urologiques et psychologique de son maître. Il explore les dessous de la soumission avec un grand Q (parce qu’il n’y a pas que Oui Oui dans la vie).

Les deux romans commencent par le trouble du héros : fascination pour le monde SM, attirance puis dégoût, haine de soi même ... Le narrateur omniscient de Pied Nu est froid, analytique, presque descriptif, tandis que celui du Voyage, identifié au personnage principal, semble plus vrai. Il analyse son désir, le met en rapport avec le monde SM gay qu'il connait, se perd en questionnement.

La première expérience est similaire pour les deux personnages : traumatisante et addictive. Puis deux quêtes se profilent : celle de la destruction de l'identité pour le héros de Pied Nu et celle, complètement opposée dans Voyage, de redécouverte de soi. Et puis de ludique, la relation prend un tour identitaire : ils s'identifient de plus en plus au rôle, deviennent des esclaves dans les faits et dans leur manière de se percevoir. Arrive le temps du mysticisme : la figure christique apparaît. Le premier héros s'identifie au Christ et le second y identifie son maître.

De ce point, les fins découlent logiquement : tragique et baroque pour Pied Nu, triste et feutrée pour Voyage à Muxandor.

Mais finalement, les deux romans ne prônent pas qu'une vision différente de la relation sadomasochiste. A mon sens, cela va bien au delà. On trouve deux visons de ce qu'est l'homosexualité : une quête identitaire profonde et dévastatrice pour Mickael Kleeberg et une quête ludique de sexe et de raison de vivre pour Christian Legall. On peut aussi voir dans leurs rapports au Christ de compréhensions différentes du désir : désir de soi-même dans le premier roman, désir charnel de l'autre dans le second. Une différence notoire entre les deux auteurs, Christian Legall est un danseur ouvertement homosexuel tandis que Kleeberg s'intéresse plutôt aux relations interpersonnelles (il a récemment écrit sur le Liban et sa rencontre avec Abbas Beydoun).

Du coup, le Pied Nu est plus proche du roman pour dame : fictif, romancé, loin de toutes réalités identitaires et pétri de lieux communs, alors que le Voyage pour Muxandor semble plus authentique, plus constructif et véhicule une idée plus proche de celle que l'on retrouve dans la Culture Gay actuelle.

Galetophage

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"Svastika" de Junichirô Tanizaki

Bonjour les jeunes !

      Je profite de la tribune que m'ouvre l'ami Chassegnouf pour pousser un cri : Haaa !

Enfer et double bites, y'a-t-il un truc plus insupportable, plus énervant, plus effroyable que de lire un super bouquin et de se rendre compte, trente pages avant la fin, que le quatrième de couverture vous en avait dévoilé le dénouement !!! Arrgghhh ! Mais quel éditeur peut être assez vicieux pour faire ça à d' honnêtes lecteurs ! Mais que fait Amnesty ? Appelez Brigitte Bardot !

C'est exactement la mésaventure qui m'est arrivé en lisant Svastika de Junichirô Tanizaki (aux éditionx Folio). De rage j'ai failli en avaler ma langue, mais le mal était fait, je venais de finir le livre. Ah les salauds !

Et pourtant le livre est absolument génial ( ben tant qu'à faire, autant bousiller la fin d'un livre intéressant ! Evidemment, c'est pas au dos des lectures obligatoires de collège qu'on trouverait un résumé complet ! Non ! Non, les éructations onaniques d'intellectuels neurasthéniques et balourds, faut se les avaler jusqu'à la fin, sinon c'est pas drôle).

      Calmons nous. Il faut que je pense à ma tension, sinon c'est infarctus assuré. Le livre.... pense livre ....

      Pouf Pouf

Premier détail intéressant, c'est un roman-monologue : une femme raconte ses déboires amoureux à un écrivain. En gros elle s'amourache d'une autre femme de son école de peinture. Le trouble de l'héroïne et la découvert d'une homosexualité douce donne un début de roman fin et agréable. Le style de Tanizaki est vraiment époustouflant. C'est fluide, distrayant tout en étant relativement profond, un peu comme lécher la nuque d'un inconnu dans le métro ( ok ok, c'est plus distrayant que profond ... mais c'est fluide non ?).

Puis, la situation se complique, son mari (Mister Husband) s'interpose plus ou moins mollement à ses amours contre nature, et le roman prend une nouvelle tournure, plus psychologique, plus insidieux mais toujours badin. Lorsque le mari de l'autre intervient, alors tout devient compliqué. On bascule dans un monde de questionnements, de manipulations et de stratagèmes. Sadisme moral et torture sentimentale, tout ça dans une suave violence : le pied ! Tout le monde souffre tranquillement. Ca rappelle Ryu Murakami mais sans le coté hardcore. Ca ressemble à du Kawabata mais sans les descriptions et la mélancolie. C'est addictif et le facteur d'identification marche à plein.

Les rebondissements sont bien amenés; la fin permet une relecture de tout le livre : bref c'est fabuleusement maîtrisé, facile à lire et en plus, Tanizaki c'est pas super connu, alors c'est toujours la classe de le caser dans vos discussions mondaines ou dans vos dissertations sur les actes de vandalismes linguaux dans le métropolitain des mégapoles françaises !

      Joie et allégresse

      Allons en paix !

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13 mars 2008

"Boy Cultur" de Allan Brocka

             

Boy Culture d'Allan Brocka               Boy Culture

Réalisateur                :               Q. Allan Brocka

Date                          :               2007

Durée                        :               1h31min

Acteurs                     :               Derek Magyar, Darryl Stephens, Jonathon Trent…

Synopsis :

X est une sorte de prostitué de luxe, à la vie tranquille et bien ordonnée. Il vit avec deux jeunes hommes, dans un immense appartement. Un vieil homme va requérir ses services, mais refusera de coucher à moins que X ne tombe amoureux de lui. Et comme le bordel fait souvent des émules, la relation avec ses colocataires va devenir de plus en plus compliquée.

Commentaire du Galetophage :

Bonjour les jeunes !


Je vous en supplie, jeunes gens pleins d'insouciance et d'énergie ne vous laissez pas rebuter par le synopsis !! Ce n'est pas ce que vous croyez ! La vie est belle, et nous avons tous soif de lendemain qui chantent (il suffit de mettre d'accord sur quoi !!! Moi je vote pour un truc genre Jimmy Somerville ou ABBA…mais bon on peut discuter. Ne prenez pas cet air résigné, s'il vous plaît). Bref, avant même que vous n'ayez le temps de vous mettre dans l'optique d'entendre parler d'un film terriblement pénible, je veux vous détromper Ce film est plus rigolo qu'il n'y paraît. D'accord c'est pas « Rabbi Jacob fait de l'aérobic à Mimizan » mais c'est très sympa tout de même !! Y'a pas que De Funès dans la vie !


Tout de A à Z reprend les codes (esthétiques, narratifs…) de la comédie New Yorkaise. Les personnages donc sont bourrés de complexes, de conflits intérieurs mal réglés, de névroses, et comédie oblige, d'une beauté extrême. Le film est rythmé par les déglutitions équivoques du public masculin devant tant de grâce virile qui s'ébat joyeusement, tant de jeunesse délicatement musclée qui vit avec tant d'ardeur, qui joue, qui bouge, qui baise, qui se la donne grave !


L'histoire est somme toutes assez simple et convenue, mais légère et drôle. On alterne quelques scènes de comique de situation avec des dialogues assez percutants. Une voix off, un peu dans la mouvance de celle de Kiss Kiss Bang Bang de Shane Black, ponctue le film de ses remarques décalées et un peu absurdes. Donc vous voyiez, ce n'est pas si glauque que cela en a l'air !


En fait l'intérêt principal du film, à mon avis (qui est celui auquel je me réfère principalement lorsque je veux savoir ce que je pense - c'est de Desproges-), est qu'une image très positive de l'homosexualité est véhiculée. Même si on traite de sujets assez graves, la vie du milieu gay est dépeinte avec une bonne dose de bon sens et de recul. Au loin les problèmes de maladie, de questionnements identitaires, de peur de l'autre. Tout le monde s'assume très bien, le vit très bien, et très content d'être homo et de ne jamais voir un hétéro à moins de six cents mètres ! (à moins qu'ils ne soient en famille…c'est bien connu les hétéros sont soit célibataires, soit parents, non ?). En plus, tout le monde fait de son mieux, c'est à vous persuader de faire votre coming out !


Vous l'aurez compris, ce n'est pas forcément un très grand film, mais c'est distrayant et positif, et c'est exactement le genre de chose dont vous avez besoin bande de dépressifs patentés, qui pleurez sur vos vies souillées d'immondices et de pratiques outrageantes que la bonne morale réprouve en s'empêchant de vomir. Et en plus, le film se joue au Jean Vigo ; salle que je vous soupçonne de ne pas vraiment fréquenter assidûment, pour lui préférer les Cabines Sex-Shops-Pipe-Show sordides qui bordent le Cours de la Marne, ou pire encore, le Mégarama et sa suite de films décadents qui nous mèneront à l'anti-france. En plus, le cinéma n'est pas loin des terrasses de Meriadeck, comme ça vous pourrez retourner à vos activités nocturnes et lucratives où vous vous adonnez au mal de notre siècle : La Crapette Naturiste !!

     Y'a plus de jeunesse !!

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01 février 2008

"Salo ou les 120 jours de Sodome" de Pier Paolo Pasolini

             

Salo ou les 120 journées de Sodome de Pier Paolo Pasolini               Salo ou les 120 jours de Sodome

Réalisateur                :               Pier Paolo Pasolini

Date                          :               1976

Durée                        :               1h55min

Acteurs                     :               Paolo Bonacelli, Gorgio Cataldi, Umberto Cuintavalle

Synopsis :

Au temps de la république fasciste de Salo, dans un château, quatre responsables politiques, capturent, séquestrent, et violentent une trentaine de jeunes gens. Leur cruauté augmente aiguillonnée par les histoires sulfureuses des maîtresses de cérémonie. A la manière de la divine comédie de Dante, le film se découpe en cercle de plus en plus outrageant.

Commentaire du Galetophage :

Bonjour les jeunes !

Arrgh le grand film que voilà ! A tel point d’ailleurs, que si vous voulez vous le procurer vous devrez quitter la torpeur moite du rayon Cinéma Gay et Lesbien, pour aller jusqu’aux austères Films Classiques et Cinéma Chiant. Entre De Sica et Rosselini (deux réalisateurs névrotiques particulièrement pénibles engendrés par une Italie mortifiée par la libération) vous trouverez Pier Paolo Pasolini et sa kyrielle de films bizarres.
Si vous avez pris cinq secondes (ou une minute pour les plus lents d’entre vous) pour lire le synopsis, vous aurez compris que Salo ne traite pas d’homosexualité, et je vais tacher de répondre à la question qui se forme déjà dans les tréfonds brumeux de votre lobe post pariétal : Mais, par tout les Saints du Saint Suaire, pourquoi nous assaille t’il les nerfs optiques avec ce film ?

Et bien tout d’abord, parce que si le sujet de Salo n’est pas la relation entre personnes du même sexe, il n’en propose pas moins une vision de l’homosexualité novatrice et presque nimbée de perfection. Je m’explique :

Pour un film du milieu des années soixante dix, il est plutôt remarquable de voir une mise en scène qui place les relations homosexuelles au même niveau que les relations hétérosexuelles. Si le film traite de dépravation, il en exclut l’homosexualité, en vide le caractère sulfureux en la noyant dans un flot assez abject de sévices sexuels. Au bout d’une demi heure environ de projection, le sexe des personnages n’importe presque plus tant les choix des tortionnaires se fait avec naturel et évidence. Le pastiche systématique des référents (mariages, fêtes religieuses…) déplace la cible du blasphématoire et place l’homosexualité du coté des foyers d’identification, du coté des choses connues et presque normales.

A ce sujet, la seule scène effleurée par une once de romantisme, se passe entre un des tortionnaires et un jeune homme. C’est d’ailleurs un des rares moments de répit que nous offre le film. Parce qu’il faut bien admettre que, même s’il a pas mal vieillit, Salo est une espèce de ovni terriblement violent et particulièrement difficile à voir (un des cercles du film est celui de la merde) et qu’il faut se préparer à être un peu à écoeuré voire choqué.

Ne vous arrêtez, si d’aventure vous le voyiez, au coté spectaculaire et peu ragoûtant, car à mon avis Salo vous questionne directement sur ce que vous, vous pouvez voir, il met aussi en place une série d’image et d’allégorie très engagées politiquement qui sont finalement assez touchantes. Mais vous pouvez aussi le projeter lors d’une de vos soirées « Satanisme et Urologie » en vous roulant dans les restes moisis d’un poulet dûment égorgé, fermement ligotés par une créature interlope que vous payez grassement pour s’occuper de vous et de vos névroses masochistes, mais à mon avis on perd un peu de l’intérêt du film….Y’a plus de jeunesse !

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24 janvier 2008

"Krampack" de Cesc Gay

             

Krampack de Cesc Gay               Krampack

Réalisateur                :               Cesc Gay

Date                          :               2001

Durée                        :               1h36min

Acteurs                     :               Fernando Ramallo, Jordi Vilches, Marieta Orozoco

Synopsis :

Au début des vacances d’été, Nico va retrouver son meilleur ami (Dany) pour faire la fête et draguer des filles. Les parents de Dany étant parti en voyages, ils ont la maison pour eux seuls. La relation sexuelle avec une fille les angoissera tellement qu’ils s’entraîneront l’un sur l’autre jusqu’à qu’un amour, pas véritablement réciproque, naisse et ébranle leur relation.

Commentaire du Galetophage :

Bonjour les jeunes !

Oui je vous entend hurler pêle-mêle votre amour de la vie, votre dégoût de la politique, votre honte viscérale de vos activités nocturnes (oui je suis au courant …) et votre passion délurée pour la saucisse de Francfort (bon d’accord j’y vais un peu fort dans la révélation, mais suis d’humeur vindicative). Mais non, hélas non, mille fois hélas, je ne peux vous répondre, parce que la tribune qui m’est ici ouverte ne n’autorise pas à vous faire partager mes exploits gastronomiques alsaciens ou mes angoisses littéraires (vous avez vu la dernière couverture de Têtu ?) mais à vous parler cinéma.

Alors je vais vous en parler de cinéma. Et sincèrement, je dois bien dire que Krampack est loin d’être un film désagréable. C’est même plutôt sympa.
Le ton est léger, presque badin, souvent juste quoique très empreint de l’esthétique de la comédie. Les acteurs sont bons, et Dany est très beau.

Cependant, si on s’arrêtait au coté sympa de la chose on passerait à coté de ce qui me semble le sujet principal du film : la relation d’amitié.
Parce qu’il faut bien avouer que la relation de Dany et Nico a quelque chose de très particulier : ils parlent de sexe, se masturbent de concert, s’essayent à la fellation…et tout ça dans une évidence qui, moi je dois bien le dire, m’a étonné. Vous vous rendez compte si tout les jeunes gens devaient se comporter de la même façon ? Rien qu’à l’idée je…oohh…attendez une seconde je vais me fustiger un petit coup, l’idée est trop impie !

Bon, me revoilà tout meurtri de vos pensées impures ! Que disais-je ? Ah oui, je tachais de vous expliquer que la relation entre ces jeunes hommes est le moteur central de l’action et que, parce que les personnages sont frais et attachants le film en devient véritablement agréable.
Pas de prises de tête identitaires, pas de maladies destructrices, pas de déstructuration de la personnalité, non, que cet amour un peu naïf, et tellement sincère, et une profonde incompréhension qui laboure l’amitié et aussi fait aussi pleurer les adolescents.

Donc, quand vous aurez fini de vous vautrer dans le vice et la dépravation, de ricaner du Beau et du Juste, de boire jusqu'à vomir dans votre sac à main et de parler à des inconnus qui sentent le Picon Bière, et bien vous prendrez une heure et demi et vous regarderez ce film. Pff, faut tout leur dire, y ‘a plus de jeunesse.

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16 janvier 2008

"Grains de Sable" de Ryosuké Hashiguchi

   

          Grains de Sable de Ryosuké Hashiguchi          

    Grains de Sable

Réalisateur                :               Ryosuké Hashiguchi

Date                         :               1997

Durée                       :               2h09min

Acteurs                     :               Yoshinori Okada, Kota Kusano, Ayumi Hamazaki

Synopsis :

Dans une classe japonaise, Ito, un jeune paria, introverti et secret, est amoureux de son meilleur ami Yoshida. L’année suit son cours avec une lenteur routinière, jusqu’à ce que Aihara entre dans leur vie.
Cyclothymique, entreprenante et particulièrement sans gêne, elle met Ito face à son homosexualité.
Le jeune garçon fait son coming out et bouleverse ses relations avec son entourage.

Commentaire de Galetophage :

Bonjour les jeunes !

Bon vous avez vu, j’ai fait vite pour vous raconter l’histoire, hein ? Oui parce que premièrement je n’ai pas envie de vous donner des éléments sur la fin, deuxièmement ça me saoule de vous raconter ce qui se passe et que de toute façon, l’histoire n’est pas vraiment la chose la plus importante dans ce film ! Oh non !

Autant vous le dire tout de suite, c’est un film japonais par excellence ! Exit les étreintes enfiévrées et les scènes sous la douche, pas un bout de fesse ni de sein, rien, que dalle, nibe ! Le débat est ouvert mais certains iront jusqu’à dire que c’est un film contemplatif, et, pour ma part je ne suis pas fondamentalement opposé à cette lecture, quoique d’habitude les films contemplatifs traitent plus de la sérénité que du mal-être.

Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer, mais je trouve que "Grains de Sable" arrive à mettre en scène une sorte de malaise : vous connaissez peut être ce moment atroce où les mots (qui de toute façon ne serviraient à rien) se refusent à sortir par le bon orifice, où le corps est une sorte de fardeau, comme un pyjama trop grand (moi ça me le fait souvent…mais en même temps je suis souvent en pyjama….un pyjama très chouette d’ailleurs dont j’envois une photo contre une somme modique à quiconque me le demande).

Parce que finalement le thème centrale du film c’est ça : la confrontation du corps et du désir, des mots et de l’envie.
Le film est un va et vient hypnotique entre ces jeunes gens qui se débattent avec leurs désirs, leurs appréhensions et le monde qui les entoure.
La réalisation est très fine, quelque plans-séquences sont d’une justesse presque autobiographique, et laisse véritablement les personnages évoluer.
C’est lent, c’est juste et souvent ça prend aux tripes parce que, eh ben, ça rappelle des années pas forcément très cool. On ne s’ennui pas une seconde je vous rassure et au pire, je vous connais, bande de jean-foutre, vous ferez des cochonnerie avec la créature interlope, alanguie sur le sofa en cuir, dans des postures odieuses, exhibant ses…mon dieu je vais vomir. Putain y’a plus de jeunesse !
   

      

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