11 janvier 2009
"Les Versets Sataniques" de Salman Rushdie
[Article publié sur le blog par moi, Chassegnouf, mais écrit par lui, Galetophage. Donc la fatwa pour recel de blasphème, ce sera pour sa gueule siouplé ^^]
Bonjour les Jeunes,
Je viens de terminer la lecture des Versets Sataniques de l’ami Salman Rushdie et j’ai eu une inextinguible envie de vous en parler. Alors me voici, frais, dispo, offert, la plume électronique en émoi et la main tremblante de ce besoin interdit de caresser votre esprit dans des attouchements littéraires timides mais fougueux, d’aspirer avec délectation la raideur brandie de votre critique de la raison pure, d’aller et de revenir, délicatement, le long de ce mât immense qu’est votre culture.
Bref c’est avec une excitation difficilement dissimulable que je m’en remets entre vos yeux experts.
On peut lire beaucoup autour de la polémique qu’à générée ce livre (rappelons pour les adhérents du Club National de Tir sur Bouteille de Gaz, qu’une fatwa a été lancée contre l’auteur). C’est vrai que Salman Rushdie donne à lire une révision de l’origine de la sourate de l’Étoile pour le moins iconoclaste. Rapidement, histoire de ne pas se faire de flashback des cours de catéchisme musulman, le Prophète Mahomet, lors de la transmission d’une des révélations de l’Archange Gabriel, aurait été influencé par Iblis (Satan pour les intimes) et aurait prôné la vénération de trois déesses préislamique. Après s’être sérieusement fait remonter les bretelles par l’Archange (et Dieu sait si c’est douloureux), le Prophète rectifia le tir dès le lendemain. Salman montre dans une partie de son roman en quoi cette révélation aurait pu être un compromis politique pour convertir la richissime ville de Jahilia… effectivement, ca peut énerver.
Mais cantonner ce roman à une diatribe religieuse, ca serait passer à coté d’un gros morceau ! On y parle de politique d’immigration, de la société sous Thatcher, du bien et du mal, des rapports père-fils, du cinéma, de culture anglo-indienne, de la portance des avions ….et tout cela de façon très acide aussi (c’est juste que le syndicat des pilotes de ligne a le caillou moins rapide que certains énervés de la calotte) .
Et puis, ca serait aussi oublier la virtuosité de l’écriture : on oscille entre l’exubérance indienne, colorée, épicée, capiteuse voire lourde et l’analyse anglaise, froide, précise, épurée voire chiante.
La narration est très moderne, on perd souvent le fil de l’histoire mais on finit par saisir autre chose, de plus subtile, de plus fugace… l’auteur pose souvent des questions, plus rhétoriques qu’autre chose, fait part de ses propres doutes, intervient sans vraiment le dire… bref ce n’est pas toujours facile à lire, ce n’est pas toujours efficace, mais quand la machine commence à prendre alors là, c’est inarrétable !
Certaines pages sont vraiment époustouflantes de justesses : l’histoire les mets en évidence, les impose à notre jugement (il faut admettre que c’est d’autant plus agréable que je suis d’accord avec une bonne partie de ce que j’ai compris). La psychologie des personnages est vraiment fine, leurs rapports sont complexes, leurs histoires s’intriquent incroyablement… c’est tout simplement jouissif.
Donc au lieu de caillasser du Palestinien, de vous faire exploser dans des endroits saugrenus, de vous mettre de cônes blancs sur la tête pour vos sortis champêtres nocturnes, de pisser dans des bénitiers secs, d’aller chez MacDo et d’y prendre une salade, de lire Barbara Cartland en cachette, de jouer à la poupée Barbie avec votre petite cousine, de libérer le pétrole de dictature ou simplement perdre votre temps sur le net, parcourez ce bouquin. Au moins ca fait cultivé!
02 septembre 2008
"Voyage à Muxandor" de Christian Legall et "Pied Nu" de Mickael Kleeberg
Bonjour les jeunes !
Aujourd'hui je voudrais vous entretenir, non pas d’un mais de deux livres : Voyage à Muxandor de Christian Legall et de Pied Nu de Mickael Kleeberg ... oui je sais, moi aussi je suis capable de promotion qui battent celles de Casto !
Mais déjà, je sens que dans les limbes ouatés et sinueux de votre pré-conscience, là où le vice n'est qu'hypothèse et l'atavisme une condition, ce questionnement acharné et tonitruant de ce besoin de comprendre et de savoir, cette volonté d'ordonner les choses vers un sens abscons qui point : Allemagne, quarante à, service Mozambique. En court et pour faire bref : Pourquoi ?
Eh bien, mes jeunes sophiophiles, ces deux livres traitent d'un même sujet, c'est à dire une relation sadomasochiste gay, mais avec des approches concomitantes qui donnent pourtant des résultats diamétralement opposés. Intéressant non ?
Pied Nu raconte la découverte du SM par un quadragénaire hétéro via le minitel (oui le livre date un peu ... y a pas que Dan Brown dans la vie !). Il rencontre un maître avec qui, il va explorer la soumission avec le grand S de soumis (ou de Smiley si on n’entre pas dans le style un peu expéditif de l'auteur). Il quittera femme et enfant pour se rouler par terre et détruire son peu de personnalité.
Voyage à Muxandor se déroule dans le milieu gay. Un jeune homme découvre par annonce un maître dans le pays - imaginaire - de Muxandor. Éperdument amoureux, il subira, avec une certaine délectation tout de même, les outrages urologiques et psychologique de son maître. Il explore les dessous de la soumission avec un grand Q (parce qu’il n’y a pas que Oui Oui dans la vie).
Les deux romans commencent par le trouble du héros : fascination pour le monde SM, attirance puis dégoût, haine de soi même ... Le narrateur omniscient de Pied Nu est froid, analytique, presque descriptif, tandis que celui du Voyage, identifié au personnage principal, semble plus vrai. Il analyse son désir, le met en rapport avec le monde SM gay qu'il connait, se perd en questionnement.
La première expérience est similaire pour les deux personnages : traumatisante et addictive. Puis deux quêtes se profilent : celle de la destruction de l'identité pour le héros de Pied Nu et celle, complètement opposée dans Voyage, de redécouverte de soi. Et puis de ludique, la relation prend un tour identitaire : ils s'identifient de plus en plus au rôle, deviennent des esclaves dans les faits et dans leur manière de se percevoir. Arrive le temps du mysticisme : la figure christique apparaît. Le premier héros s'identifie au Christ et le second y identifie son maître.
De ce point, les fins découlent logiquement : tragique et baroque pour Pied Nu, triste et feutrée pour Voyage à Muxandor.
Mais finalement, les deux romans ne prônent pas qu'une vision différente de la relation sadomasochiste. A mon sens, cela va bien au delà. On trouve deux visons de ce qu'est l'homosexualité : une quête identitaire profonde et dévastatrice pour Mickael Kleeberg et une quête ludique de sexe et de raison de vivre pour Christian Legall. On peut aussi voir dans leurs rapports au Christ de compréhensions différentes du désir : désir de soi-même dans le premier roman, désir charnel de l'autre dans le second. Une différence notoire entre les deux auteurs, Christian Legall est un danseur ouvertement homosexuel tandis que Kleeberg s'intéresse plutôt aux relations interpersonnelles (il a récemment écrit sur le Liban et sa rencontre avec Abbas Beydoun).
Du coup, le Pied Nu est plus proche du roman pour dame : fictif, romancé, loin de toutes réalités identitaires et pétri de lieux communs, alors que le Voyage pour Muxandor semble plus authentique, plus constructif et véhicule une idée plus proche de celle que l'on retrouve dans la Culture Gay actuelle.
Galetophage
"Svastika" de Junichirô Tanizaki
Bonjour les jeunes !
Je profite de la tribune que m'ouvre l'ami Chassegnouf pour pousser un cri : Haaa !
Enfer et double bites, y'a-t-il un truc plus insupportable, plus énervant, plus effroyable que de lire un super bouquin et de se rendre compte, trente pages avant la fin, que le quatrième de couverture vous en avait dévoilé le dénouement !!! Arrgghhh ! Mais quel éditeur peut être assez vicieux pour faire ça à d' honnêtes lecteurs ! Mais que fait Amnesty ? Appelez Brigitte Bardot !
C'est exactement la mésaventure qui m'est arrivé en lisant Svastika de Junichirô Tanizaki (aux éditionx Folio). De rage j'ai failli en avaler ma langue, mais le mal était fait, je venais de finir le livre. Ah les salauds !
Et pourtant le livre est absolument génial ( ben tant qu'à faire, autant bousiller la fin d'un livre intéressant ! Evidemment, c'est pas au dos des lectures obligatoires de collège qu'on trouverait un résumé complet ! Non ! Non, les éructations onaniques d'intellectuels neurasthéniques et balourds, faut se les avaler jusqu'à la fin, sinon c'est pas drôle).
Calmons nous. Il faut que je pense à ma tension, sinon c'est infarctus assuré. Le livre.... pense livre ....
Pouf Pouf
Premier détail intéressant, c'est un roman-monologue : une femme raconte ses déboires amoureux à un écrivain. En gros elle s'amourache d'une autre femme de son école de peinture. Le trouble de l'héroïne et la découvert d'une homosexualité douce donne un début de roman fin et agréable. Le style de Tanizaki est vraiment époustouflant. C'est fluide, distrayant tout en étant relativement profond, un peu comme lécher la nuque d'un inconnu dans le métro ( ok ok, c'est plus distrayant que profond ... mais c'est fluide non ?).
Puis, la situation se complique, son mari (Mister Husband) s'interpose plus ou moins mollement à ses amours contre nature, et le roman prend une nouvelle tournure, plus psychologique, plus insidieux mais toujours badin. Lorsque le mari de l'autre intervient, alors tout devient compliqué. On bascule dans un monde de questionnements, de manipulations et de stratagèmes. Sadisme moral et torture sentimentale, tout ça dans une suave violence : le pied ! Tout le monde souffre tranquillement. Ca rappelle Ryu Murakami mais sans le coté hardcore. Ca ressemble à du Kawabata mais sans les descriptions et la mélancolie. C'est addictif et le facteur d'identification marche à plein.
Les rebondissements sont bien amenés; la fin permet une relecture de tout le livre : bref c'est fabuleusement maîtrisé, facile à lire et en plus, Tanizaki c'est pas super connu, alors c'est toujours la classe de le caser dans vos discussions mondaines ou dans vos dissertations sur les actes de vandalismes linguaux dans le métropolitain des mégapoles françaises !
Joie et allégresse
Allons en paix !
13 mars 2008
"Boy Cultur" de Allan Brocka
Boy Culture
Réalisateur : Q. Allan Brocka
Date : 2007
Durée : 1h31min
Acteurs : Derek Magyar, Darryl Stephens, Jonathon Trent…
Synopsis :
X est une sorte de prostitué de luxe, à la vie tranquille et bien ordonnée. Il vit avec deux jeunes hommes, dans un immense appartement. Un vieil homme va requérir ses services, mais refusera de coucher à moins que X ne tombe amoureux de lui. Et comme le bordel fait souvent des émules, la relation avec ses colocataires va devenir de plus en plus compliquée.
Commentaire du Galetophage :
Bonjour les jeunes !
Je vous en supplie, jeunes gens pleins d'insouciance et d'énergie ne
vous laissez pas rebuter par le synopsis !! Ce n'est pas ce que vous
croyez ! La vie est belle, et nous avons tous soif de lendemain qui
chantent (il suffit de mettre d'accord sur quoi !!! Moi je vote pour un
truc genre Jimmy Somerville ou ABBA…mais bon on peut discuter. Ne
prenez pas cet air résigné, s'il vous plaît). Bref, avant même que vous
n'ayez le temps de vous mettre dans l'optique d'entendre parler d'un
film terriblement pénible, je veux vous détromper Ce film est plus
rigolo qu'il n'y paraît. D'accord c'est pas « Rabbi Jacob fait de
l'aérobic à Mimizan » mais c'est très sympa tout de même !! Y'a pas que
De Funès dans la vie !
Tout de A à Z reprend les codes
(esthétiques, narratifs…) de la comédie New Yorkaise. Les personnages
donc sont bourrés de complexes, de conflits intérieurs mal réglés, de
névroses, et comédie oblige, d'une beauté extrême. Le film est rythmé
par les déglutitions équivoques du public masculin devant tant de grâce
virile qui s'ébat joyeusement, tant de jeunesse délicatement musclée
qui vit avec tant d'ardeur, qui joue, qui bouge, qui baise, qui se la
donne grave !
L'histoire est somme toutes assez simple et
convenue, mais légère et drôle. On alterne quelques scènes de comique
de situation avec des dialogues assez percutants. Une voix off, un peu
dans la mouvance de celle de Kiss Kiss Bang Bang de Shane Black,
ponctue le film de ses remarques décalées et un peu absurdes. Donc vous
voyiez, ce n'est pas si glauque que cela en a l'air !
En
fait l'intérêt principal du film, à mon avis (qui est celui auquel je
me réfère principalement lorsque je veux savoir ce que je pense - c'est
de Desproges-), est qu'une image très positive de l'homosexualité est
véhiculée. Même si on traite de sujets assez graves, la vie du milieu
gay est dépeinte avec une bonne dose de bon sens et de recul. Au loin
les problèmes de maladie, de questionnements identitaires, de peur de
l'autre. Tout le monde s'assume très bien, le vit très bien, et très
content d'être homo et de ne jamais voir un hétéro à moins de six cents
mètres ! (à moins qu'ils ne soient en famille…c'est bien connu les
hétéros sont soit célibataires, soit parents, non ?). En plus, tout le
monde fait de son mieux, c'est à vous persuader de faire votre coming
out !
Vous l'aurez compris, ce n'est pas forcément un
très grand film, mais c'est distrayant et positif, et c'est exactement
le genre de chose dont vous avez besoin bande de dépressifs patentés,
qui pleurez sur vos vies souillées d'immondices et de pratiques
outrageantes que la bonne morale réprouve en s'empêchant de vomir. Et
en plus, le film se joue au Jean Vigo ; salle que je vous soupçonne de
ne pas vraiment fréquenter assidûment, pour lui préférer les Cabines
Sex-Shops-Pipe-Show sordides qui bordent le Cours de la Marne, ou pire
encore, le Mégarama et sa suite de films décadents qui nous mèneront à
l'anti-france. En plus, le cinéma n'est pas loin des terrasses de
Meriadeck, comme ça vous pourrez retourner à vos activités nocturnes et
lucratives où vous vous adonnez au mal de notre siècle : La Crapette
Naturiste !!
Y'a plus de jeunesse !!
01 février 2008
"Salo ou les 120 jours de Sodome" de Pier Paolo Pasolini
Salo ou les 120 jours de Sodome
Réalisateur : Pier Paolo Pasolini
Date : 1976
Durée : 1h55min
Acteurs : Paolo Bonacelli, Gorgio Cataldi, Umberto Cuintavalle
Synopsis :
Au temps de la république fasciste de Salo, dans un château, quatre responsables politiques, capturent, séquestrent, et violentent une trentaine de jeunes gens. Leur cruauté augmente aiguillonnée par les histoires sulfureuses des maîtresses de cérémonie. A la manière de la divine comédie de Dante, le film se découpe en cercle de plus en plus outrageant.
Commentaire du Galetophage :
Bonjour les jeunes !
Arrgh le grand film que voilà ! A tel point d’ailleurs, que si vous
voulez vous le procurer vous devrez quitter la torpeur moite du rayon
Cinéma Gay et Lesbien, pour aller jusqu’aux austères Films Classiques
et Cinéma Chiant. Entre De Sica et Rosselini (deux réalisateurs
névrotiques particulièrement pénibles engendrés par une Italie
mortifiée par la libération) vous trouverez Pier Paolo Pasolini et sa
kyrielle de films bizarres.
Si vous avez pris cinq secondes (ou une
minute pour les plus lents d’entre vous) pour lire le synopsis, vous
aurez compris que Salo ne traite pas d’homosexualité, et je vais tacher
de répondre à la question qui se forme déjà dans les tréfonds brumeux
de votre lobe post pariétal : Mais, par tout les Saints du Saint
Suaire, pourquoi nous assaille t’il les nerfs optiques avec ce film ?
Et bien tout d’abord, parce que si le sujet de Salo n’est pas la
relation entre personnes du même sexe, il n’en propose pas moins une
vision de l’homosexualité novatrice et presque nimbée de perfection. Je
m’explique :
Pour un film du milieu des années soixante dix, il
est plutôt remarquable de voir une mise en scène qui place les
relations homosexuelles au même niveau que les relations
hétérosexuelles. Si le film traite de dépravation, il en exclut
l’homosexualité, en vide le caractère sulfureux en la noyant dans un
flot assez abject de sévices sexuels. Au bout d’une demi heure environ
de projection, le sexe des personnages n’importe presque plus tant les
choix des tortionnaires se fait avec naturel et évidence. Le pastiche
systématique des référents (mariages, fêtes religieuses…) déplace la
cible du blasphématoire et place l’homosexualité du coté des foyers
d’identification, du coté des choses connues et presque normales.
A ce sujet, la seule scène effleurée par une once de romantisme, se
passe entre un des tortionnaires et un jeune homme. C’est d’ailleurs un
des rares moments de répit que nous offre le film. Parce qu’il faut
bien admettre que, même s’il a pas mal vieillit, Salo est une espèce de
ovni terriblement violent et particulièrement difficile à voir (un des
cercles du film est celui de la merde) et qu’il faut se préparer à être
un peu à écoeuré voire choqué.
Ne vous arrêtez, si d’aventure
vous le voyiez, au coté spectaculaire et peu ragoûtant, car à mon avis
Salo vous questionne directement sur ce que vous, vous pouvez voir, il
met aussi en place une série d’image et d’allégorie très engagées
politiquement qui sont finalement assez touchantes. Mais vous pouvez
aussi le projeter lors d’une de vos soirées « Satanisme et Urologie »
en vous roulant dans les restes moisis d’un poulet dûment égorgé,
fermement ligotés par une créature interlope que vous payez grassement
pour s’occuper de vous et de vos névroses masochistes, mais à mon avis
on perd un peu de l’intérêt du film….Y’a plus de jeunesse !
24 janvier 2008
"Krampack" de Cesc Gay
Krampack
Réalisateur : Cesc Gay
Date : 2001
Durée : 1h36min
Acteurs : Fernando Ramallo, Jordi Vilches, Marieta Orozoco
Synopsis :
Au début des vacances d’été, Nico va retrouver son meilleur ami (Dany) pour faire la fête et draguer des filles. Les parents de Dany étant parti en voyages, ils ont la maison pour eux seuls. La relation sexuelle avec une fille les angoissera tellement qu’ils s’entraîneront l’un sur l’autre jusqu’à qu’un amour, pas véritablement réciproque, naisse et ébranle leur relation.
Commentaire du Galetophage :
Bonjour les jeunes !
Oui je vous entend hurler pêle-mêle votre amour de la vie, votre dégoût
de la politique, votre honte viscérale de vos activités nocturnes (oui
je suis au courant …) et votre passion délurée pour la saucisse de
Francfort (bon d’accord j’y vais un peu fort dans la révélation, mais
suis d’humeur vindicative). Mais non, hélas non, mille fois hélas, je
ne peux vous répondre, parce que la tribune qui m’est ici ouverte ne
n’autorise pas à vous faire partager mes exploits gastronomiques
alsaciens ou mes angoisses littéraires (vous avez vu la dernière
couverture de Têtu ?) mais à vous parler cinéma.
Alors je vais
vous en parler de cinéma. Et sincèrement, je dois bien dire que
Krampack est loin d’être un film désagréable. C’est même plutôt sympa.
Le
ton est léger, presque badin, souvent juste quoique très empreint de
l’esthétique de la comédie. Les acteurs sont bons, et Dany est très
beau.
Cependant, si on s’arrêtait au coté sympa de la chose on
passerait à coté de ce qui me semble le sujet principal du film : la
relation d’amitié.
Parce qu’il faut bien avouer que la relation de
Dany et Nico a quelque chose de très particulier : ils parlent de sexe,
se masturbent de concert, s’essayent à la fellation…et tout ça dans une
évidence qui, moi je dois bien le dire, m’a étonné. Vous vous rendez
compte si tout les jeunes gens devaient se comporter de la même façon ?
Rien qu’à l’idée je…oohh…attendez une seconde je vais me fustiger un
petit coup, l’idée est trop impie !
Bon, me revoilà tout
meurtri de vos pensées impures ! Que disais-je ? Ah oui, je tachais de
vous expliquer que la relation entre ces jeunes hommes est le moteur
central de l’action et que, parce que les personnages sont frais et
attachants le film en devient véritablement agréable.
Pas de prises
de tête identitaires, pas de maladies destructrices, pas de
déstructuration de la personnalité, non, que cet amour un peu naïf, et
tellement sincère, et une profonde incompréhension qui laboure l’amitié
et aussi fait aussi pleurer les adolescents.
Donc, quand vous
aurez fini de vous vautrer dans le vice et la dépravation, de ricaner
du Beau et du Juste, de boire jusqu'à vomir dans votre sac à main et de
parler à des inconnus qui sentent le Picon Bière, et bien vous prendrez
une heure et demi et vous regarderez ce film. Pff, faut tout leur dire,
y ‘a plus de jeunesse.
16 janvier 2008
"Grains de Sable" de Ryosuké Hashiguchi
Grains de Sable
Réalisateur : Ryosuké Hashiguchi
Date : 1997
Durée : 2h09min
Acteurs : Yoshinori Okada, Kota Kusano, Ayumi Hamazaki
Synopsis :
Dans
une classe japonaise, Ito, un jeune paria, introverti et secret, est
amoureux de son meilleur ami Yoshida. L’année suit son cours avec une
lenteur routinière, jusqu’à ce que Aihara entre dans leur vie.
Cyclothymique, entreprenante et particulièrement sans gêne, elle met Ito face à son homosexualité.
Le jeune garçon fait son coming out et bouleverse ses relations avec son entourage.
Commentaire de Galetophage :
Bonjour les jeunes !
Bon
vous avez vu, j’ai fait vite pour vous raconter l’histoire, hein ? Oui
parce que premièrement je n’ai pas envie de vous donner des éléments
sur la fin, deuxièmement ça me saoule de vous raconter ce qui se passe
et que de toute façon, l’histoire n’est pas vraiment la chose la plus
importante dans ce film ! Oh non !
Autant vous le dire tout de
suite, c’est un film japonais par excellence ! Exit les étreintes
enfiévrées et les scènes sous la douche, pas un bout de fesse ni de
sein, rien, que dalle, nibe ! Le débat est ouvert mais certains iront
jusqu’à dire que c’est un film contemplatif, et, pour ma part je ne
suis pas fondamentalement opposé à cette lecture, quoique d’habitude
les films contemplatifs traitent plus de la sérénité que du mal-être.
Je
ne sais pas vraiment comment l’expliquer, mais je trouve que "Grains de
Sable" arrive à mettre en scène une sorte de malaise : vous connaissez
peut être ce moment atroce où les mots (qui de toute façon ne
serviraient à rien) se refusent à sortir par le bon orifice, où le
corps est une sorte de fardeau, comme un pyjama trop grand (moi ça me
le fait souvent…mais en même temps je suis souvent en pyjama….un pyjama
très chouette d’ailleurs dont j’envois une photo contre une somme
modique à quiconque me le demande).
Parce que finalement le thème centrale du film c’est ça : la confrontation du corps et du désir, des mots et de l’envie.
Le
film est un va et vient hypnotique entre ces jeunes gens qui se
débattent avec leurs désirs, leurs appréhensions et le monde qui les
entoure.
La réalisation est très fine, quelque plans-séquences sont
d’une justesse presque autobiographique, et laisse véritablement les
personnages évoluer.
C’est lent, c’est juste et souvent ça prend aux
tripes parce que, eh ben, ça rappelle des années pas forcément très
cool. On ne s’ennui pas une seconde je vous rassure et au pire, je vous
connais, bande de jean-foutre, vous ferez des cochonnerie avec la
créature interlope, alanguie sur le sofa en cuir, dans des postures
odieuses, exhibant ses…mon dieu je vais vomir. Putain y’a plus de
jeunesse !