20 février 2009
"Les portes de la mort : l'aile du dragon" de Margaret Weis et Tracy Hickman
Comme "le trone du dragon", j'ai acheté "l'aile du dragon" parce que j'avais une ristourne et qu'il y avait le mot "dragon" dans le titre. J'aime bien les dragons, plus que les chats en tout cas (même si ce doit être plus pratique de les avoir en peinture qu'en animal domestique). Je clos aujourd'hui le premier tome de cette série de 7 bouquins écrits par le célèbre duo Margaret Weis et Tracy Hickman qui ont aussi écrit la série des Lancedragon que j'ai eu l'occasion de lire quand j'étais petit. Je n'avais pas gardé un souvenir impérissable de cette série et pourtant, j'étais très bon public à l'époque... Qu'en sera-t-il de cette série ?
Plantage de décor : vous vous en douterez rien qu'au titre, c'est du médiéval-fantastique. Un sombre magicien (et oui, encore...) envoie un loyal serviteur sur une autre dimension (celle où le récit prend place) pour découvrir comment ça se passe là-bas, prendre la température sociale et trouver un moyen pour le mettre sous sa coupe. Approche subtile sans méga-sort-de-la-mort, ni horde sauvage, le sombre méchant semble vouloir faire dans la dentelle. Que se passe-t-il ? Les auteurs auraient-ils au l'intention de casser ma critique ? Deuxième personnage, un assassin sauvé in extremis du billot (dommage, la scène avait l'air d'être prometteuse) pour rempiler sur un nouveau contrat. Un contrat dans le genre très sale et avec moultes implications politiques et tout et tout. Je n'en dis pas plus, il y a du rebondissement à ce sujet. Troisième personnage, un guègue révolutionnaire et sa cellule de lutte ouvrière... ?! Kesako oune guègue ? Révolutionnaire qui plus est ? Les guègues sont des nains qui ont subit un destin que je trouve plutôt inhabituel pour un destin de nains. On est loin des nains suicidaires et tueurs de trolls, des vétérans des grottes trucidant des gobelins par brassées et hurlant à la gloire de leurs grands-parents barbus. Là aussi je vous laisse découvrir, c'est péché de vous en dire plus.
Oh et puis merde...Ca commence à se voir... Désolé, je ne tiens plus. J'essaie de temporiser et faire comme si c'était une énième bouse comme j'en ai trop lues ces derniers temps mais c'est faux. J'ai chopé ce livre par hasard et c'est un des plus plaisants que j'ai pu lire depuis que j'ai ouvert ce blog (ai-je si peu de discernement ou suis-je secrètement maso ?). Alors que Weis/Hickman nous avait pondu une série Dragonlance insipide, ici c'est limite du Terry Pratchett. En fait, il arrive que Pratchett en fasse un peu trop dans le 12ème degré alors que là c'est savamment dosé : C'est rigolo mais pas trop, ça ne bouffe pas le scénario et ne rend pas le pitoresque monde d'Arianus (c'est le nom de ce plan) plus vivable ni moins riche de détails croustillants. Les nains sont niais, les elfes sont des connards et les humains toujours aussi veules (enfin pas tous, y a aussi des humains connards ou niais). Maintenant que j'y pense (ça ne m'avait pas encore frappé à l'esprit au début de cette critique), l'histoire des personnages n'est pas copiée/collée sur la typique trame de l'apprentissage-du-jeune-héros sur laquelle je gerbe tant. Même la recette du choc-des-cultures n'est pas exploitée à outrance. Que demande de plus ? Plus de castagne, d'épique ? J'ai le sentiment que ça viendra. Rien ne sert de courir... Du crade ? Ouaip, je pense que ça manque de crade (et que ça ne viendra pas). Peut-être qu'une petite trace de pneu, une dague retournée dans la plaie d'un innocent ou une ericbessonnerie aurait été de bon aloi. M'enfin bon, je m'y ferais...
... Je m'y ferais d'autant plus que j'entame le 12ème tome du Trone de Fer, youpiiiiiiiii !!!!!!!!!!!! infanticide, matricide, parricide, régicide, y a de tout là dedans. Mais c'est une autre histoire... ;)
Pour conclure en quelques mots : bonne pioche !
31 janvier 2009
"L'arcane des épées : Le trône du dragon" de Tad Williams
Ce bouquin fait partie d'une série d'achats faits sur un coup de tête : il y avait une promo sur fnac.com sur quelques romans de fantasy (-5% et ce sans avoir la carte de fidélité), j'ai pris quelques premiers tomes de sagas sans savoir sur quoi j'allais tomber.
Voici le premier d'entre eux : "Le trône du dragon" de Tad Williams, qui s'intègre dans une saga qui semble longue de 8 tomes. A peine lues les 10 premières pages, je suis allé me lamenter auprès de Galetophage (le co-auteur du blog pour ceux qui suivent pas) me plaignant de tomber sur un énième gamin aux origines mal connues, perdu dans un énième chateau royal où se trame une énième guerre de succession pendant laquelle un énième fils indigne, conseillé par le Sauron local, montera sur le trône et fera des misères au digne fils, conseillé par l'équivalent de Merlin. Le monde est en danger-et-tout-et-tout et seul pourra le sauver ce candide protagnoniste dont le pouvoir grandira en puissance tout au long de la saga. Bref la Belgariade/Assassin Royal 2 le retour... Help !
Que je suis méchant, que je suis mauvaise langue !!
Certes tout est cousu de fil blanc, certes c'est un énième exercice de style mais pour une fois, je trouve que c'est relativement réussi. En fait même le mot "relativement" est de trop. Je suis toujours à me plaindre de mondes vides, de personnages creux ou peu originaux ou pire encore ce cliché que je vomis désormais, celui du candide qui entame une longue quête d'initiation et dans lequel le lecteur est sommé de s'identifier. Quête au bout de laquelle le lecteur et le protagoniste, exaltés, le souffle court et la larme à l'oeil devant les sacrifices faits, brandiront à l'unisson Excalibur au ciel, le pied posé sur le cadavre de je-ne-sais-quel boss de fin de niveau. J'en peux plus de ce schéma usé jusqu'à la corde et je suis écoeuré de voir à quel point il est réutilisé et à quel point il peut faire mouche dans le lectorat de la fantasy. A mes yeux, c'est à la fantasy ce que le boys-band est à la musique : du marketing.
Je veux du salarié : quelqu'un qui est dans le récit parce que c'est son boulot (comme dans Deepsix ?).
Je veux de la chute : un roi qui au début a déjà tout et qui crève à la fin de la saga dans le caniveau ignoré de tous (comme dans la saga d'Elric de Melniboné ?). Je veux du pourri : un bon gars qui arrive au bout du scénario en ayant écrasé son prochain (comme dans la Compagnie Noire ?), etc
Ben là, j'ai redouté à chaque page le moment où Simon (le protagoniste) découvrirait des pouvoirs magiques cachés ou une filiation avec le roi défunt. Que pouic ! C'est un blaireau, une pauvre petite chose paumée qui ne comprend rien à ce qui lui arrive et qui préfère prendre le soleil à rêvasser. Il se retrouve embarqué dans cette apocalypse qui se profile à l'horizon et il en chie. Pour l'instant, il ne sert à rien dans l'histoire et c'est ça qu'est bon. Durant ce premier tome, on oscille entre la consternation envers ce branleur et la compréhension quand on se rend compte qu'on était aussi con à son âge et qu'on aurait été tout aussi largué (du moins ça aurait été mon cas ^^). J'adhère totalement.
Accessoirement, Williams ne lésine pas sur les descriptions et ce fut un plaisir de "ressentir" les branches dans la tronche et l'odeur de l'humus de la forêt de Aldheorte alors que j'avais la tête posée sur l'oreiller.
Je clos ce premier tome sur une bonne impression mais j'ai quand même le vague sentiment que Tad Williams ne fait que prendre son temps pour dévoiler les secrets liés à Simon, que finalement ce dernier sauvera le monde alors que je voudrais qu'il continue à n'être qu'un spectateur inutile... Wait and see...
01 janvier 2009
"Une éducation libertine" de Jean-Baptiste Del Amo
Voici le 2ème roman que j'ai terminé pendant ces petites vacances, "Une éducation libertine" de Jean-Baptiste Del Amo publié chez Gallimard : une petite incartade à mes lectures habituelles de part son thème (ni fantasy, ni SF) et son format (je n'achète que des livres de poche), il m'a d'ailleurs été refilé par mon père.
Le récit prend place dans le Paris du 18ème siècle (avant la révolution), Gaspard, un jeune breton totalement démuni, franchit les portes de la capitale avec pour ambition de sortir de la misère à laquelle sa condition de roturier semble le condamner. Ce roman est l'histoire de son "ascension", entre guillemets puisqu'il devra se compromettre au plus haut point (boulots de misère, prostitution, etc.) pour survivre suffisamment longtemps et avoir plusieurs opportunités de grimper socialement.
Il me semble que la trame est relativement classique et l'avoir vue ou lue sous diverses formes ici ou là. Mais même si c'est cousu de fil blanc, ce genre de récit d'apprentissage est toujours plaisant (du moins j'y suis toujours sensible). En fait, j'ai adoré ce roman que j'ai trouvé impitoyable sur de nombreux points et propose une atmosphère crasseuse qui manque à beaucoup de romans que j'ai pu lire auparavant. Histoire de vous donner un aperçu, voici un extrait issu des premières pages. Beaucoup plus parlante que l'extrait du 4ème de couverture, enjoy :
Dans cette géhenne, la chaleur de l'été collait aux visages comme un masque, drapait les corps de feu, tuait les bêtes qui tentaient de survivre en quelque coin d'ombre, suffoquait les femmes aux poitrines poisseuses. Les glandes sudorales déversaient par flots leurs humeurs. Jaillies d'aisselles velues, elles s'écoulaient des fesses aux flancs puis sur les jambes. Fondue comme du beurre sur les fronts, la sueur piquait aux yeux, répandait son sel aux bouches haletantes. La crasse s'écoulait comme un sédiment, marquait les plis aux articulations de traces noires. On s'éventait avec un rien, un vieux chiffon, une gazette, une main. On soulevait ce faisant, le remugle aigrelet des corps transpirants. La puanteur de l'un se mêlait à la puanteur de l'autre quand déjà les corps ne se frottaient pas, mélangeant leurs sueurs respectives. Cette pestilence gonflait les haillons, les vêtements de peu couvrant un reste de pudeur, montait paresseusement dans l'air stagnant, fleurissait, envahissait la ville entière.
Miam ! Le reste est à l'avenant, c'est que du bonheur. Si vous aimez, plongez pour vous intoxiquer dans cette atmosphère sinon fuyez ce bouquin.
31 décembre 2008
"L'Hérésie d'Horus : Le Retour des anges" de Mitchel Scanlon
Vacances "prolifiques" en ce qui me concerne puisqu'en ces quelques jours que je me suis accordé, j'ai pu terminer 2 bouquins (faut comparer ça avec mon rythme habituel de 1 par mois à peu près... pas avec le rythme des chroniqueurs littéraires. Je connais technique de lecture rapide mais je déteste ça au plus haut point).
La bouse du jour (oups... plus de suspens...) sera donc le 6ème tome de la série "L'hérésie d'Horus" dont j'ai critiqué le 5ème tome, "Fulgrim" de Graham McNeill, sur ce même blog. Cette fois-ci, je ne vais pas trop poser le décor puisque je pense l'avoir fait la dernière fois. Dans ce tome, on ne se centre pas spécialement sur un de ces primarques félons qui ont marqué la période "historique" relatée dans la série, on élargit un tout petit peu en relatant les prémisces de ce qui deviendra une légion de space marines : les Dark Angels. Le fan sait (je dirais même plus "a l'obligation de savoir"), avant d'ouvrir ce livre, que durant l'hérésie d'Horus, une partie de cette légion s'est rebellée contre l'autre partie entrainant un-apre-et-tragique-combat-qui-traumatisera-à-jamais-les-nobles-Dark-Angels, etc. Donc le fan qui sait déjà tout ça et qui connait déjà tout sur les Dark Angels (notamment grâce au bousissime "Les anges des ténèbres" de Gavin Thorpe paru dans la même collection) croira apprendre ici pourquoi les futurs rebelles sont devenus rebelles, pourquoi Luther est devenu aigri et jaloux, etc.
Le récit : ça commence agréablement par une brêve introduction qui semble être une confession d'un rebelle et, flashback ?, on enchaine sur l'apprentissage d'un jeune novice dans ce qui fut le principal ordre de chevalerie de la planète Caliban, là où tout à commencé. Dans cette partie qui dure une bonne moitié du bouquin, on apprend donc ce que fut la rude vie des calibanites, comment ils étaient protégés par les chevaliers, comment Lion El'Jonson a bouleversé tout ça. Le tout par les yeux de ce qui était apparemment un simple humain.
Personnellement, j'ai trouvé ça frais par rapport aux autres histoires dans ce même univers. C'est pas énorme d'originalité, de richesse de contexte mais j'ai trouvé ça surprenant par rapport aux sempiternels combats de space marines surpuissants. C'était donc un bon début mais, le fan le sait, l'empereur et ses space marines sont arrivés et tout est rentré dans le moule : le peuple de Caliban, les chevaliers de l'Ordre, Lionel, Luther, Mitchel Scanlon, tout le monde. Le reste du bouquin est un gentil épisode de la Grande Croisade et n'apporte rien de plus même pas aux questions du fan qui veut savoir pourquoi Luther et ses copains sont aigris : la cause de la rebellion prend racine avant ce bouquin (puisque Lion El'Jospin est déjà le grand chef de Caliban au début du récit, la première bouffée d'aigreur de Luther est déjà ancienne...) et les conséquences se dérouleront après le "final" (pas de combat épique menant à la destruction de Caliban, ni rien de ce genre).
Finalement pour moi, ce roman est une déception que la première partie ne sauvera pas : je ne m'attendais pas à être surpris mais à lire du spectacle, à avoir "du son et lumières", à me cramer les rétines sous les flots de plasma, etc. Je n'ai même pas eu ça. Scanlon avait pourtant une bonne idée dans les mains, il a su donner une étincelle de vie à cette planète qu'était Caliban, il n'y avait qu'à développer un peu plus mais bon, c'était pas son choix finalement...
19 décembre 2008
"Deepsix" de Jack McDevitt
Il faut croire que je suis moins exigeant en termes de science-fiction que de fantasy : j'ai tendance à apprécier la plupart des bouquins de SF qui me passent entre les mains alors que c'est le contraire pour la fantasy. Ce livre de McDevitt suit cette "tendance". Je ne connaissais pas l'individu et n'ai, jusqu'à maintenant, rien lu de lui. J'ai entamé "Deepsix" et j'ai vite compris qu'il se situait chronologiquement après un autre bouquin "Les machines de Dieu". Petit regret : je n'aime pas trop revenir en arrière dans les sagas, il y a donc de fortes probabilités pour que je ne lise pas le premier. Ceci dit, rassurez vous, "Deepsix" tient tout seul, les "machines de Dieu" ne sont qu'une ligne dans le CV d'un des protagonistes et c'est très bien comme ça.
Ce livre est ce qu'on appelle dans mon entourage un "neo space opera" : les voyages spatiaux sont développés et les humains voyagent loin de leur planète natale mais contrairement aux vieux space operas, ils sont seuls ou presque. Les contacts avec d'éventuelles races extra-terrestres tiennent de l'archéologie. Dans le même style, vous avez les bouquins d'Alastair Reynolds, que je vous conseille mais que je ne commenterai pas sur ce blog (ces lectures sont trop anciennes, j'aime commenter à chaud, avant de commencer une nouvelle lecture, ou à tiède, avant de finir la lecture suivante comme c'est le cas aujourd'hui).
Pour l'intrigue, ça va être relativement rapide : je trouve le suspens assez tendu et vous dévoiler le moindre évènement vous gâcherait le plaisir. Deepsix est le nom d'une planète particulière. C'est une planète (tellurique ?) à l'atmosphère relativement respirable et où la vie a pu abondamment se développer. Le hasard a fait en sorte de la placer sur la trajectoire d'une planète gazeuse géante. La collision entre les deux corps célestes est imminente. C'est un évènement qui ne pourra être observé de près qu'une seule fois dans l'histoire humaine et c'est pourquoi une batterie de scientifiques et de touristes se ruent sur les lieux pour observer le crash. Tout se serait passé simplement si, quelques semaines avant la collision, les scientifiques n'avaient pas repéré des traces d'une ancienne civilisation. Il faut en apprendre le plus possible et aller sur place, le compte à rebours est lancé. Fin de ma présentation, vous en saurez plus vous même en lisant le bouquin ;)
Je sais pourquoi j'aime les bouquins de space-opera, pourquoi je suis moins exigeant que pour des médiévaux-fantastiques : pour ces derniers, il faut réinventer un monde, le peupler, le faire vivre. Ca nécessite sans aucun doute un certain travail (même sans aller jusqu'à jouer les Tolkien et inventer des langues...). Ben pour les space operas où l'on parle de voyages spatiaux, de corps célestes plus ou moins stériles, tout ce vide et cette caillasse, ça fait ça de moins à décrire et on peut se concentrer sur d'autres trucs comme le scénario et les personnages. D'autant plus que ce ne sont pas d'obscurs elfes, gnomes ou ensorceleurs... ;) A mon avis, McDevitt a bien exploité ces avantages du genre (tout en évitant de tomber dans la Hard SF) pour rendre le tout très immersif : le lecteur peut s'assimiler à un moment ou un autre à l'un des protagonistes, comprendre la prise de telle ou telle décision et avoir l'illusion de vivre l'aventure plutôt qu'en être le spectateur. Pour ma part, le contrat est rempli, peut-être pas avec les félicitations du jury (un peu trop "propret" même si je comprends bien que la trame scénaristique ne permettait pas tellement de se pencher plus encore sur la misère de l'Humain...) mais il est rempli. Vous avez ma permission de lire ce bouquin.
20 novembre 2008
"La Voix des ainés" de Pierre Grimbert
Ca commençait à faire longtemps que je n'avais pas pointé le bout de mon nez ici. Depuis cette bouse que fut "Aubemort", j'ai, entre autre, eu le temps de finir le 3ème tome de la série "Les Enfants de Ji", elle-même 2ème volet d'une saga autour de l'Ile de Ji, le tout par Pierre Grimbert. Je vais profiter de ce billet pour parler non pas de ce 3ème bouquin mais de la saga : j'ai une pensée pour ceux qui ne l'ont pas encore entamée et parler de l'histoire du 3ème bouquin serait du pur spoiling.
Etape 1, posons le décor : de prime abord, on tombe sur un univers médiéval-fantastique : un matriarcat, une "oligothéocratie", des nordistes pacifiques, une poignée de royaumes féodaux plus ou moins sophistiqués, etc. Mais pas d'elfes, de nains et autres tolkienneries (j'ai pas dit que j'étais contre ce genre de choses... loin de là), on reste entre humains. Bref... Un beau jour, un peu partout dans ce monde connu, à peu près en même temps, de mystérieux assassins armés de dagues empoisonnées s'en prennent à diverses personnes sans lien apparant. Certains survivent : les protagonistes, certains se connaissent. Chacun d'eux se remettent tant bien que mal des tentatives d'assassinat et commence à se poser des questions : pourquoi eux ? qui ? En se creusant un peu la cervelle, ils trouvent un indice : ils sont tous les descendants d'ambassadeurs qui ont jadis été envoyé sur une mystérieuse île, l'île de Ji. Je m'arrête là pour le posage de décor, ce serait un crime d'aller plus loin.
Etape 2, mon opinion : c'est un polar (super l'opinion...). Une quête dans un univers fantasy avec des guerriers, des assassins, du mystique, des pouvoirs occultes mais c'est avant tout un polar. Et ça j'ai bien aimé. Du premier bouquin au dernier que j'ai lu, soit 5 romans si j'ai bien compté, Pierre Grimbert se débrouille pour nous maintenir dans le doute. Il y a toujours un truc à découvrir, quelque chose pour nous (les protagonistes et le lecteur) mener de l'avant dans le récit. Bien des écrivains de fantasy s'y essayent mais de mes lectures, il me semble que c'est Grimbert qui s'en sort le mieux. Même si j'ai découvert bien des secrets au fil des 5 premiers bouquins, j'attends impatiemment le 6ème ! Et pas pour voir comment tel épisode va être traité, pour lire un exercice de style mais parce que je me pose encore des questions. Je ne lis pas de polar habituellement, je ne sais pas évaluer cette saga sur l'échelle du bon gout polaristique mais elle a le mérite de me maintenir en haleine. Rien que ça, ça mérite sa place dans mes bouquins préférés...
Ensuite, il y a le traitement de tout ça, les protagonistes, l'univers dans lequel ils évoluent... Mis à part le fait qu'ils ont le défaut d'être gentillets, Pierre Grimbert a su les rendre attachants en nous les faisant découvrir un par un et en dévoilant petit à petit des pans de leur personnalité au fur et à mesure que les protagonistes eux-mêmes faisaient connaissance entre eux. On est loin des personnages insipides et/ou catapultés de Aubemort ou du Royaume de Saramir. Ils nous sont familiers sans être caricaturaux comme la plupart des personnages des Guerriers du silence de Pierre Bordage. Ils ne sont pas incohérents comme dans l'Assassin Royal. C'est très bien huilé. Je vais encore citer un autre bouquin mais ça me fait penser un peu à du David Eddings, dans ses premiers bouquins, la Belgariade (où on découvre les persos) et Pierre Grimbert a le bon gout de s'arrêter avant au niveau familiarité avec les personnages (avec Eddings, ça devient vite du Cosby Show, avec la boîte à rires et les applaudissements du public lecteur à chaque fois qu'un second rôle sort une blagounette pour faire rire les fans). Seul défaut, un peu trop de pudeur, de bon fond. Ca manque de coups de pute, de mesquinerie. Je serais curieux de lire un bouquin de Grimbert qui met en scène un protagoniste avec un mauvais fond ou juste gris ou pleutre... Pour faire bref, Grimbert s'en sort aussi très bien sur l'univers en question, je ne peux pas trop en dire sans trop en dévoiler mais sachez déjà que chaque paysage a un petit côté original. De plus, on sent que ce monde tournerait de lui-même s'il n'y avait pas les protagonistes, je ne sais pas si je me fais bien comprendre : il me semble suffisamment riche pour ça (sans être les Terres du Milieu non plus, faut pas déconner...).
Je trouve que Pierre Grimbert a rempli mon cahier des charges avec un bon équilibre au niveau des rapports Protagonistes/Lecteur, une intrigue prenante, un univers riche. Pour moi, sans être le summum, c'est désormais comme un label : si c'est moins bien que Pierre Grimbert, c'est pas bien. Tout simplement. Et même si j'ai tendance à parler de bouquins que je n'aime pas, j'en ai lu quelques uns qui, à mes yeux, ont le label Grimbert : le Trône de Fer, la Compagnie Noire, La Route, etc.
15 septembre 2008
"Les Chroniques des Ravens : Aubemort" de James Barclay
Comme pour ma critique de "La route" de McCarthy, je vais vous parler d'un bouquin que je n'ai pas encore terminé. Parce qu'il n'y a aucune raison pour que le dernier tiers du bouquin change mon opinion sur celui-ci.
Ce bouquin "Aubemort" est le premier tome d'une trilogie, "les Chroniques des Ravens" écrite par James Barclay dont je n'ai rien lu d'autre de lui pour l'instant.
C'est de l'heroic fantasy pure et dure. Voici le contexte : les Ravens forment un groupe de mercenaires qui s'est créé il y a une dizaine d'années. Ils ont tout fait, tout enduré, ce sont des vieux de la vieille. Ils sont connus de bien des commandants puisqu'ils ont pu offrir leur service à tout le monde ou presque. C'est un petit groupe soudé, des frères d'armes qui agissent comme un seul homme sur le champ de bataille. En plus, ils ont un code d'honneur qui les empêche d'assassiner, ils ne tuent que leurs ennemis et ce sur le champ de bataille. Bref, des bons gars... Le hasard a fait qu'ils fassent une rencontre spéciale lors de leur dernier contrat, un mage appartenant à un collège de magie de mauvaise réputation (entendez "qui n'hésite pas à tuer et qui n'a pas d'honneur"...) qui les impliquera dans la résolution d'une grande menace. En effet, de vils sorciers bannis il y a des siècles de ce monde reviennent pour se venger en unissant de viles tribus barbares contre les gentils contre le peuple civilisé. Seuls les Ravens semble pouvoir aider le mage (qui ne semble pas si méchant) à sauver le monde...
Zzz... Zzz... Zzz... Zzz...
Vous êtes encore là ^^ ? Moi j'ai pas le choix, j'ai encore le bouquin à finir, vous comprenez ma peine...
Bon, j'avoue, tout n'est pas à jeter notamment le fait que le récit est bien rythmé. Les scènes s'enchainent plutôt bien, le cheminement de l'intrigue est plausible. Autant dans "le Royaume de Saramir", je me sentais un peu brusqué par l'arrivée inopinée de protagonistes, ben autant là non (vous en rêviez de cette chute...). Le tout me fait énormément penser à une bonne partie de jeu de rôles avec ses accrocs et ses réussites.
Mais bon, ça ne fait pas tout... Les personnages sont traités de manière caricaturale ou carrément pas traités du tout, j'en viendrais presque à regretter ce chouineur de FitzChevalerie ("L'assassin royal" de Robin Hobb). Quand au scénario... C'est un peu comme "Le huitième sortilège" de Pratchett mais en se prenant au sérieux. Pratchett aurait parodié "Aubemort" avant que ce roman soit écrit. 'Tain il est fort Pratchett, il me scie... Donc une version sérieuse d'une parodie, c'est pas ce qu'on appelle un nanar ?
Oui, voilà, c'est le mot. "Aubemort", c'est un nanar littéraire :)
11 septembre 2008
"L'Hérésie d'Horus : Fulgrim" de Graham McNeill
Je vais pouvoir moi-même inaugurer ce nouveau support, ce nouveau blog (pour ceux qui n'auraient pas suivi, à part le dernier billet sur Gailman par Galetophage, le reste n'est que copié/collé d'un ancien blog).
Je vais commencer par un des romans de science-fiction, "Fulgrim" de Graham McNeill, qui s'intègre dans une série plus grande appelée "L'hérésie d'Horus" (dans laquelle interviennent aussi Dan Abnett, Ben Counter, James Swallow et Mitchell Scanlon).
Tout d'abord, ce bouquin (et ses prédécesseurs) n'est disponible que chez l'éditeur Bibliothèque Interdite (mais trouvable un peu partout, Fnac, Virgin, magazins de figurines, etc.) et il coute un peu cher (10-11 €) pour ce format de poche, pas comme les énièmes ré-éditions que j'ai l'habitude de lire...
Il faut savoir que ces romans sont tirés de Warhammer 40000, un wargame (jeu de guerre avec des figurines à peindre). Dans ce wargame, il y a des règles de jeu, des figurines, des joueurs (nan jure !) mais aussi une raison pour batailler de cette manière : un contexte de jeu, un univers fictif plus ou moins détaillé avec notamment diverses factions armées qui ont toutes les raisons pour se foutre sur la gueule. Les créateurs de Warhammer 40000 sont même allés jusqu'à écrire l'histoire de cet univers fictif. C'est le début de cet histoire que romance la série "L'hérésie d'Horus".
En gros, l'hérésie d'Horus se déroule 10000 ans avant les évènements joués dans le jeu Warhammer 40000, soit au 31ème millénaire de l'Humanité. Cette humanité a connu un âge d'or des millénaires auparavant (avant le 31ème millénaire...) et a essaimé dans la galaxie pour former des empires, des royaumes planétaires, etc. Et ce grâce à un moyen de transport ultra-rapide qui permet de passer à travers une autre dimension appelée le Warp. Le problème est que le Warp est traitre et fluctuant. Un beau jour, ce dernier devint inaccessible et tous ces empires et systèmes ne purent communiquer, ni être rejoints dans des délais acceptables. Ce fut la fin de cet âge d'or, chaque système planétaire se retrouva isolé et fut perdu aux yeux des terriens.
Au 31ème millénaire, sur Terre, apparut un mystérieux et puissant personnage, qui unifia les tribus terriennes et du système solaire sous un empire. Il créa une nouvelle race d'hommes, plus puissants, immortels, des "demi-dieux" qu'il appela primarques (au nombre de 20 si je me souviens bien) et organisa pour eux des légions armées. A cette même époque le Warp redevint accessible et l'Empereur et ses primarques se lancèrent à la redécouverte et reconquête des systèmes perdus : la Grande Croisade.
Nous autres joueurs savons ce qu'il s'est passé ensuite avec plus ou moins de détails. En gros, pour ne pas dévoiler trop de choses aux profanes, certains des primarques se rebellèrent contre l'Empereur et ménèrent une violente guerre. L'Empire y survécu de justesse (tout comme les forces rebelles...) et en sortit véritablement traumatisé. L'expansion cessa plus ou moins et toutes les forces impériales se mobilisent contre les rebelles et les autres menaces qui pointent le bout de leur nez. 10 millénaires plus tard, l'Empire est assailli de toute part et chaque joueur peut jouer une des factions en présence.
Et bien les romans pré-cités narrent la "chute" des primarques rebelles, ce qu'ils étaient avant, ce qui les a fait changer d'avis et comment ils se sont rebellés. Fulgrim est l'un d'entre eux, le chef de la légion des Emperor's Children, la meilleure et préférée de l'Empereur (de toute façon chaque légion dit la même chose d'elle...). Un beau gosse, un génie, un seigneur, un être parfait ou presque... Voilà pour la pose du contexte. Bien entendu, il faut lire les autre bouquins avant. Je ne les critiquerais pas parce que d'autres l'ont fait et surtout parce que je préfère critiquer les livres que je viens de finir. Donc si vous décidez de vous y mettre, "Fulgrim" n'est pas un stand alone, vous perdriez beaucoup à commencer par celui-ci.
Mon avis sur ce bouquin. Il est relativement informatif pour le fan du wargame que je suis. Il brode là où les créateurs du jeu avaient été vagues et lapidaires. C'est un plaisir de découvrir les références à tel ou tel truc. Pourquoi les Emperor's Children sont ce qu'ils sont au 41ème millénaire, quelle est l'origine de leurs croyances "actuelles" et comment elles se sont mises en place. Encyclopédiquement parlant, je suis satisfait. Mais c'est tout ^^ Je pense que j'aurais pris autant de plaisir à lire ces faits sur Wikipedia que je n'ai eu à les lire dans ce bouquin. La chute (du primarque et de son entourage, pas du livre) manque terriblement de subtilité. Et je pense que ce n'est pas tellement un défaut de l'auteur mais un défaut du format. Le fait que MacNeill ait dû traiter ça en un volume et qu'il ait dû faire un effort pour relier ce roman aux précédents. Bref un manque de liberté. C'est tellement rapide que ça en devient caricatural (comme pour les bouquins précédents d'ailleurs... Horus, Mortarion). La manière de traiter cette histoire mais aussi les primarques eux-mêmes. C'est trop rapide pour chaque protagoniste mais les éditeurs veulent visiblement couvrir trop d'aspects de l'hérésie depuis trop de points de vue différents. Il aurait fallut se concentrer sur un seul protagoniste, le faire évoluer plus lentement, lui faire voir plus de choses de son seul point de vue. Il aurait fallut nous corrompre, nous lecteurs, en même temps que les protagonistes. C'était bien parti avec les 2 premiers volumes, c'était à peu près l'idée mais ça a dégénéré...
Autre chose, y a rien de plus chiant qu'un énième bouquin sur les combats de space marines (les super soldats créés et réunis par l'Empereur pour chacun de ses primarques) : ce sont des monomaniaques et des surdoués du combat, soit ils écrasent leurs adversaires soit ils meurent. Pas de doute au combat, pas d'incompétence, pas de faiblesse. Ca ne dépend que de la puissance de leurs adversaires. Voilà : l'intérêt d'un combat de space marine, c'est de voir ce qu'il y a en face d'eux. Autant cette puissance était grisante dans le premier bouquin autant là ça devient d'un répétitif... Faut pas s'attendre à lire du "A l'ouest rien de nouveau", c'est du Dawn of War (ou Starcraft) sur papier.
Je ne conseille qu'aux fans du wargames qui cherchent des informations sur l'hérésie, des inspirations pour les sculpture/peinture de leurs figurines. Ou par curiosité (en commençant par le volume "L'ascension d'Horus") mais je ne suis pas certain que l'univers soit suffisamment développé pour le profane.
02 septembre 2008
"Le Codex de Merlin : Celtika et le Graal de fer" de Robert Holdstock
Ca faisait un bout de temps que je voulais
parler de cette petite saga que je trouve bien sympathique. Comme je ne
lis qu'en format poche le plus souvent possible, je n'ai lu pour
l'instant que les 2 premiers tomes, "Celtika" et "le Graal de fer"
(chez Presse Pocket). "Les royaumes brisés" vont bientôt paraître si ce
n'est déjà fait. Ceci dit, le second tome "clôture" un épisode de la
saga et je prédis que le troisième tome sera un petit peu plus en marge
par rapport aux deux premiers. En gros, je pense qu'on peut se
contenter de ne lire que ces tomes (et faire un billet dessus).

D'abord
le contexte. Le premier tome se déroule à une époque très ancienne,
l'Antiquité, ou plutôt, je vais me faire tataner par les historiens,
entre l'âge des mythes grecs et l'Antiquité (est-ce qu'on appelle l'âge
de bronze ?). Cela fait des années que Jason, le Jason des argonautes,
est revenu de son périple maritime au cours duquel Médée, prêtresse du
Bélier, a tué ses fils. Le vieil homme las ressasse ses douleurs sur le
pont d'Argo, le bateau "magique" protégé par la déesse Héra pour mener
sa quête à bien. Quelques-uns de ses anciens compagnons argonautes,
dont le mystique Antiokus, veillent sur lui et tentent vainement de lui
redonner le goût de vivre. Un soir, un drame arrive et Jason se tue sur
le pont d'Argo. C'est alors que les argonautes assistent à ce qui
semble être le dernier geste d'Argo qui dérive vers le large pour y
emmener la dépouille de son maître Jason. Avec la disparition d'Argo et
de Jason semble se terminer l'âge mythologique, quand le rideau se
relève, nous nous retrouvons plusieurs siècles plus tard et suivons le
récit d'Antiokus aussi connu sous le nom de Merlin.
Merlin n'est pas le vieux chenu tel qu'on le voit dans le dessin animé
de Disney ou la série d'Alexandre Astier, il est jeune, fringuant et
surtout il est immortel. Ce n'est pas un secret mais ce dernier n'est
pas humain, pas au sens où on l'entend. Il est "né" avant eux, à
l'époque primale où les esprits qui deviendront les dieux foulaient la
terre. La magie de son être est contenue dans ses os et il peut y faire
appel pour perpétrer quelques prodiges. Le problème, c'est que plus il
puise dans sa magie intrinsèque, plus il vieillit et contrairement à
ceux de son espèce, il a choisit de ne rien gaspiller et de voyager
indéfiniment, de suivre le Chemin que la destinée trace pour lui. Quand
le récit commence, Merlin va dans les terres septentrionales
d'Hyperborée à la recherche de l'épave d'Argo et de Jason. Il a une
nouvelle à lui annoncer, ses fils ne sont pas morts...
C'est une des sagas les plus fraîches qui m'ait été permis de lire et
qui se démarque, à mes yeux, des oeuvres fantasy "classiques". Cet
univers est baigné de magie, de mysticisme et Holdstock a une manière
bien à lui de la traiter. Ici, point de magie hermétique, de boules de
feu, de miracles et de démons monothéistes, il règne une atmosphère
païenne et animiste très riche et omniprésente, plus proche des
cavernes de la préhistoire que de la forêt vierge amazonienne ou de
Papouasie. En plus de ça, le récit se déroule à une période inédite
pour moi. C'est très dépaysant et donc bienvenu.
Pour les rôlistes, et en particulier ceux qui jouent à Mage,
l'Ascension, le codex de Merlin a un autre intérêt puisqu'il présente à
coup sûr une source d'inspiration sur la magie ancienne et païenne
d'occident que ce soit celle des grecs, des celtes ou des peuples
vivant dans les contrées du Nord. Personnellement, j'ai toujours trouvé
qu'il y avait une lacune dans ce jeu quand il fallait décrire les
paradigmes Verbena, Onirologues occidentaux ou Euthanatos. C'était un
peu pauvre et l'univers de Holdstock comble en partie cette lacune, il
y a des idées à piquer et à développer. J'ai ouï dire qu'une autre de
ses sagas, les Mythagos, était du même acabit, faudra y jeter un oeil 
La saga "L'assassin royal" de Robin Hobb
Non, je ne vais pas publier un billet par jour, c'est juste que je comptais un jour vous donner mon avis sur cette saga mais il s'avère que je l'ai déjà fait sur un autre blog, celui du Nautigob 3000. Et si je devais écrire un billet ici, même si je broderais un peu plus, au final, je ne ferais que paraphraser ce que j'ai déjà dit là-bas.
Ceci est donc un billet éclair pour vous inviter à lire le billet Les aventures de Fitz... pour savoir ce que j'en pense... 